Walhalla

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 Coup de Coeur RP

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Swan Black
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MessageSujet: Coup de Coeur RP   Ven 5 Nov 2010 - 20:45

Un Mardi midi au Sole d'Avola Avec Lillo Santadi, Antonia Keller, Thalie Crane et la participation de Titus Mist


Lillo Santadi
« Il est temps pour moi de poser le revolver et de prendre les Paccheri. »

Rires ou sourires ponctuent ce bon mot. Je termine le verre de Marsala avant de prendre congé des trois amici du Pentagone qui sont venus déjeuner aujourd'hui. Je les laisse continuer leurs discussions devant le généreux assortiment d’apéritifs. Il est maintenant temps de mettre la touche finale à la préparation du plat du jour qui accompagnera ces fameuses Paccheri, ces pâtes si spéciales qui gagnent tant à être connues.

Luca, Emmanuelle et Vincent semblent déjà oublier ma présence pour se concentrer sur les amuse-gueules qui accompagnent leurs petits verres. Après toutes ces années, il est curieux qu’ils ne se soient pas encore lassés de ma cuisine et de ce rituel un peu étrange que de se réunir tutti les mardis midis, à cette même table. Peut-être parce que, lorsqu’ils se retrouvent, ils savent oublier le travail. C’est comme une règle tacite, qui n’a pas eu besoin d’être fixée pour se retrouver appliquée : lorsque nous sommes à table, nous ne parlons jamais affaires. C'est sans doute pour cela que nous n'avons pas évoqué les absences d'Eamon et de Fredrik. Les temps sont durs pour les affaires et ne nous laissent que peu de repos. Aussi sacré que soit le mardi midi, il y a des jours où il devient impossible de se libérer.

Mais le midi, tout ce qui est du
business reste en dehors du restaurant.

Là, la discussion portait sur l’immonde repas qu’avait eu Mademoiselle d’Elcourt lors d’une réception à laquelle elle a été conviée. Plat peu copieux et mal cuit, vin bouchonné. Elle ne s’était pas privée des pires qualificatifs péjoratifs pour exprimer son désarroi. Un scandale, avait-elle dit.

Le restaurant est déjà bien rempli. Huit des douze tables sont occupées et il n’est pas encore midi trente. Il y a bien sûr les habitués de longue date, Affranchis ou non, ceux à qui l'on réserve presque la table tous les mardis midi, que l'on guide avec un sourire, à qui l'on sert un petit rosé de pays en guide d'apéritif. Mais il y a également des nouveaux clients, des occasionnels qui viennent profiter du cadre et de la cuisine. J’irai m’assurer tantôt que tout se passe au mieux pour eux.

Allez,
andiamo. Je me dirige vers les cuisines, sans manquer de saluer les clients présents. Mon genou me fait toujours mal mais avec le temps, c’est devenu une seconde nature. Je ne me souviens même plus de ce que cela fait de ne pas souffrir à la jambe. Je gagne avec plaisir la chaleur moite et humide des cuisines, emplie de cette bonne odeur de cuisson. Tonio termine la farce et ajoute la touche finale à sa ricotta. Un brave garçon, toujours méticuleux. Il me désigne du regard le fait-tout où repose le veau. Il me reste à terminer l’assaisonnement avant de porter la dernière touche de cuisson. Il m’annonce également qu’il a préparé de la semoule en guise de petit accompagnement.

Bene.

A trois en cuisine, nous ne serons pas de trop pour assurer un repas décent. Je troque ma veste contre un tablier et je me mets à la préparation de la
Stracciatella maison. J’ai un peu allégé la recette pour qu’elle puisse passer en antipasto lors d’un repas de midi. Ils m’en diront des nouvelles. Un œuf, des vermicelles, parmesan, vinaigre, sel, poivre, peut-être un peu de beurre. Les ingrédients se mêlent, se transforment, créent, l’alchimie semble opérer. Le fumet, l’air rare de la cuisine, les crépitements des flammes, tout cela me rappelle Sudri, la maison, Mamma. La manière qu’elle avait de trouver des aliments à trois wyrds pour leur donner une saveur particulière. Peut-être qu’un jour, je réussirai à cuisiner un plat dont même elle aurait été jalouse.

C’est la voix de Tonio qui me ramène à la réalité. Je crois comprendre qu’il me presse de terminer les Paccheri. Je lui beugle une réplique qui m’aurait fait radier de tous les cercles bien-pensants et lui enjoins de terminer ses petits assortiments de
calzone avant de venir me les rompere. Mais lui ne s’en laisse pas conter et me répond tout aussi sec, et avec le sourire. Derrière, j’entends Clemenza se mettre à rire. Cette ambiance, ces odeurs, ces plats, ces cris … Voilà tout autant de raisons qui font que les mardis midis restent d’exceptionnels moments. Les affaires me prennent trop de temps et ne me laissent plus autant le loisir de faire la belle cuisine. Les premiers bols de soupe partent vers la salle. Quel trésor que ces moments hors du temps, hors de Westri. Les mains dans les plats, je retrouve ces sensations inimitables, ces odeurs, le pays. Ces habitudes de cuisine qui font tout le charme du Sole d’Avola, le mardi midi.


Antonia Keller
Elle savait qu’elle aurait dû dire non, refuser, dire que jamais l’Audhumla ne pourra se passer d’elle. Qu’il faudrait qu’on la remplace. Charlie avait balayé d’un trait de la main sa première protestation :

- Les voyages forment la jeunesse et puis, je t’enverrai jamais dans un traquenard tu m’connais. Et là apparemment c’est fiable. Et puis, si tu y vas pas comment tu sauras ?

Tony avait haussé les épaules et hoché la tête. Et généralement elle avait du mal à dire non à Charlie qui s’était montrée réellement à la hauteur côté système Démerde mais la jeune fille aimait son travail et le quitter même peu de temps l’attristait. Quelque part, c’était un point de repère dans une vie qui n’en avait perdu beaucoup trop.

La navette dans laquelle Charlie l’avait presque poussée était bondée. Ce ne fut que lorsque le décollage s’amorça qu’elle se rendit compte qu’elle aurait pu faire culpabiliser son amie en lui indiquant combien il était indigne de la laisser seule dans une ville qu’elle ne connaîtrait pas. Mais dans son sac, il y avait l’adresse d’un hôtel tenu par une connaissance d’une des personnalités de Charlie et également l’adresse du restaurant auquel postuler pour un travail d’à-point. Si elle avait bien compris, elle devait remplacer une serveuse disparue ou qui se faisait porter pâle, un truc du genre, si vraiment elle avait bien compris.

Elle avait mal au cœur, le mal des transports, pour un premier voyage ça ne s’annonçait pas sous les meilleures auspices mais, résignée, Antonia ferma les paupières et décida de dormir le temps du trajet. Si elle avait été plus aventureuse, elle aurait sans doute été enchantée par le voyage qui s’annonçait et l’inconnu sur lequel il s’ouvrait. Elle se réveilla avec un léger sursaut et une pensée en tête : si elle rencontrait un problème sur place qui pourrait l’aider ? Une petite vague de panique l’envahit mais maintenant, elle pouvait difficilement faire marche arrière. Puis, avec une vague de fierté sortit d’on ne sait où, la jeune fille décida que pour une fois, elle ne se désespérerait pas immédiatement. Elle souffla doucement pour évacuer cette pression qui lui maintenait les poumons et lui brisait l’estomac.

La navette se posa avec un soubresaut qui lui souleva le cœur. Elle ramassa néanmoins ses bagages, son peu de bagages. Elle se fondit dans la foule comme pour se faire oublier, comme elle en avait l’habitude. « Juste un remplacement » se répétait-elle pour y puiser du courage. Elle prit un plan de la ville et chercha la rue de son hôtel. Il était tard, pour l’emploi, elle verrait demain. Les émotions fortes, peu pour elle et surtout, fatiguantes. Après avoir déambulé dans la ville, elle trouva l’hôtel, qu’apparemment on avait payé d’avance, et elle devra payer la fin quand elle quitterait Westri. A peine posée dans sa chambre, elle s’assit, amorphe, sur le lit. Tony mit un temps avant de sortir un calepin de son sac, un stylo et elle écrivit frénétiquement jusqu’à ce que ses yeux menacent de se fermer d’eux-mêmes. Demain sera un autre jour.

***

Une délicieuse odeur émanait du lieu jusque dans la rue. Levée tardivement, elle n’avait rien avalé depuis son réveil et la responsable de l’hôtel l’avait reluquée avec un drôle d’air quand elle lui avait demandé où se trouvait le Sole d’Avola. Elle aurait demandé l’antre d’on ne sait quel Démon passé on ne l’aurait pas regardé différemment. Mais de mauvaise grâce, elle finit par lui indiquer comment y aller. Elle préféra quand même demander une nouvelle fois si elle était vraiment certaine de vouloir y aller.


- C’est pour du travail, expliqua la jeune fille.Je ne vais pas laisser passer ça quand même.

Elle sortit avec une simple sacoche. Le quartier était ravissant, loin de ce qu’elle avait pu voir à Sudri. Après une exhortation silencieuse, elle poussa la porte. Les visages se tournèrent vers elle et elle eut envie de reculer mais elle se rassura en se disant que cette curiosité était naturelle. Ça devait sans doute se lire sur son visage qu’elle était étrangère à Westri. Elle fixa un semi-sourire sur ses lèvres et resta plantée là à attendre ne sachant pas à qui elle devait s’adresser. Quelqu’un finit pourtant par s’avancer vers elle et lui demanda ce qu’elle cherchait, si elle voulait manger.

- Je… non….Enfin oui, aussi, mais je venais pour le job.

La personne hocha la tête l'air entendu et pas vraiment surpris, mais on lui précisa que le patron était en cuisine et donc pas visible pour le moment mais que puisqu'elle avait faim, elle pouvait toujours s'assoir en attendant ce qu'elle fit.



Thalie Crane


Westri. Beaucoup plus appréciable que Sudri à mon goût. La ville avait un peu plus de charme, un quelque chose de plus intemporel. Je n’aurais su l’expliquer. Un avantage au fait d’être journaliste, c’est bien de pouvoir aller de ville en ville sans grand souci. Mon interview de deux grands artistes du coin s’était plutôt bien déroulée. Les deux hommes étaient fort sympathiques et je me dois de composer un article qui les mette en valeur.

Il est midi passé quand je sors dans la ruelle en effervescence qui m’a conduit jusqu’à eux. Les bruits des passants pressés par le temps résonnent tel un essaim bourdonnant. Je me laisse porter par le mouvement et je marche dans la ruelle sans vraiment savoir où aller. J’ai le reste de la journée pour profiter de la ville mais l’idéal serait que je me pose quelque part pour commencer à travailler sur mon article.
Comme pour répondre à mon appel, une odeur qui excite mes papilles se fait sentir en aval de la rue. Je regarde un instant autour de moi avant de continuer ma route et de constater que l’odeur provient d’un restaurant de cuisine italienne. Le Sole d’Avola. Le nom, tout comme l’odeur, a quelque chose d’intriguant. Rares sont les fois où j’ai pu manger de la cuisine italienne et cet argument finit par me convaincre de m’installer ici pour manger.

Je glisse une main dans mes cheveux désordonnés par le vent qui souffle fort dans les ruelles de Westri et je remets en place ma veste avant d’entreprendre de pousser la porte du restaurant. La chaleur de l’endroit m’arrache un frémissement. Mon regard se porte sur l’ensemble de la pièce, évasivement, avant que je ne constate que les clients déjà présents jettent quelques coups d’œil dans ma direction.
Drôle de sensation. Un élan de nervosité me saisit mais je tâche de l’ignorer pour avancer dans le restaurant, cherchant des yeux un membre du personnel. L’endroit semble plutôt chaleureux, mais l’ambiance n’est pas comme celle des autres restaurants. Il n’y a pas cette distance, ce froid habituel. Là, on peut d’ores et déjà reconnaitre les habitués de l’endroit. D’ailleurs, ils ont tous plus ou moins l’allure qui va avec le restaurant. De quoi me faire sourire.

J’attends quelques secondes avant que quelqu’un ne vienne me placer à une table non loin du plus gros groupe attablé. Je gratifie l’individu d’un sourire avant de m’installer, me mettant à l’aise avant de sortir mes notes prises durant l’interview et les relire patiemment. On m’apporte rapidement la carte des plats et j’hésite pendant quelques minutes avant de m’arrêter sur un plat.
Je repère une jeune fille, assise seule à une table. Elle n’a pas l’air d’en mener large, comme si quelque chose la dérangeait.
En attendant que ma commande soit traitée, je me penche patiemment sur mon manuscrit et je tente de composer un article qui tâchera de rendre service aux deux artistes que j’ai rencontré dans la matinée.







Titus Mist

La vie d’un homme se résume à bien peu de choses. Le jour où on vous met en terre, chacun voudrait qu’on se souvienne de lui pour un acte héroïque, un fait d’arme majeur, un évènement qui aurait fait trembler le Quadra de bas en haut, de ses racines les plus pourries grouillant de rebus de la société à sa cime brillante de mille feux où la haute bourgeoisie aime à se faire mousser. Mais rares sont ceux qui y arrivent. Lorsqu’on voit un convoi funèbre passer -lorsque le mort a seulement droit à cet honneur, bon nombre pourrissant simplement là où la faucheuse les a ramassés-, il est plus courant d’entendre « Mais oui c’est Untel, il buvait comme un trou » ou encore « Il paraît que sa femme a déjà annoncé publiquement sa relation avec son amant, ça aura été rapide » que « Bordel, ce type-là il est mort en héros, je respecte ». Mais ça, c’est parce que les gens n’ont pas les tripes de faire ce qu’il faut pour qu’on se souvienne d’eux.

Parce qu’on ne devient pas une légende en refusant de mouiller sa chemise. Pour entrer au Panthéon du Walhalla, il faut être prêt à tout mettre de côté pour se consacrer entièrement à sa tâche. Pas d’attache sentimentale, pas de péché vénal, rien, la mission et c’est tout. La gloire éternelle vaut bien quelques contreparties. Père me disait toujours que Dieu récompense ceux qui sont prêts à tout abandonner pour sa cause. Je me souviens encore des histoires de croisés qu’il me racontait pour m’endormir étant enfant. Ces chevaliers sans peur et sans reproche qui laissaient tout derrière eux -femmes, enfants, terres, honneurs, …- pour aller reprendre la Terre Sainte aux Infidèles. Je me suis toujours imaginé portant la croix à leur manière, mais aujourd’hui la guerre sainte n’est plus à l’ordre du jour. J’ai donc dû me rabattre sur le corps des Skulds et troquer ma croix pour un Gaspard.

Mais pas un instant je ne l’ai regretté, car j’ai très vite découvert la plaie qui infestait notre société à la manière des sauterelles l’Egypte Ancienne : les Ases. Cette vermine qui s’estime en droit de s’abroger plus de capacités que celles que le Créateur nous a fourni à chacun. Ils croient pouvoir concurrencer la puissance divine avec leurs pouvoirs de pacotille mais Dieu a choisi son camp depuis longtemps. Et je suis son bras vengeur. Mes supérieurs ne comprennent pas la flamme qui m’anime, ils ont même peur de moi. J’ai déjà mis la main sur mon dossier personnel et l’on peut y lire en gros caractères : « Fanatique, à surveiller. Bon élément mais un peu trop indépendant ». Ce qu’ils appellent mon indépendance c’est ma capacité à penser par moi-même. Car une fois dans le corps, j’ai découvert que les Ases ne sont que la surface du mal qui ronge notre société. Il faut toujours les éradiquer jusqu’au dernier, la question ne se pose même pas, mais il ne faut pas s’arrêter là. Il faut creuser plus profond pour arracher la moindre graine de corruption qui pollue notre beau Quadra. Et peu importe que cette graine vive dans la Ville Haute ou possède la moitié de la ville, je dirais même que ça n’en est que plus important. Plus ils sont puissants, plus ils peuvent faire de mal.

Mon but final est donc de détruire tous les pourris du système. Et pour cela, j’ai commencé par me concentrer sur ma belle Westri, Westri la séduisante, Westri la provocante, Westri la damnée. Car elle est rongée par deux maux rivaux : les Maisons de Plaisir d’un côté qui invitent tout un chacun à la débauche et la luxure, et la Famiglia de l’autre qui s’arroge le droit de faire prospérer ses affaires aux dépens de tous. De plus, ces deux organismes n’hésitent pas à user de la vermine Ase, nouvel affront à ajouter à la longue liste de ceux qu’ils ont fait à notre Seigneur. Cela fait donc des années que je cherche la faille dans leurs systèmes respectifs pour les mettre tous deux à genoux et aujourd’hui, aujourd’hui est mon jour de gloire ! Après des mois de recherche aux archives, la main du Seigneur m’a guidé jusqu’aux dossiers qui feront tomber l’inatteignable Don. Trois meurtres aussi atroces les uns que les autres que Santadi a réussi à enfouir dans les méandres de la bureaucratie. Mais je veille et je ne laisserai plus rien passer. Aujourd’hui, je vais tout dévoiler au monde, je vais exposer sa face cachée en plein milieu du restaurant dont il est si fier. Je vais briser en mille morceaux son image de parrain bienveillant pour le montrer tel qu’il est en réalité : une incarnation de l’Anti-Christ profitant des failles du système pour augmenter sa fortune personnelle.

Je me suis préparé à mourir s’il le faut, je n’ai pas peur de mourir pour la cause, cela fera de moi un martyr, quelqu’un dont on parlera dans les siècles à venir comme l’homme qui osa se rebeller contre celui que tout le monde craignait. Mais si je dois mourir, je le ferais après avoir mené ma mission à son terme. Je suis donc habillé avec l’intégrale du Skuld en mission, veste en kevlar, casque en titane renforcé, Gaspard, taser, revolver. Personne ne me fera taire avant que je n’ai tout dévoilé, s’il faut je prendrai l’intégralité du restaurant en otage, peu importe. S’ils sont au Sole d’Avola c’est qu’ils fricotent avec le Diable et si, par hasard, ils étaient innocents, le Seigneur reconnaîtra les siens et leur ouvrira les portes du paradis.

Je me dirige donc d’un pas vigoureux vers l’entrée du restaurant. Deux types assis à une table à l’extérieur me regardent d’un air mauvais et font signe de se lever pour me bloquer le passage mais la vision du canon de mon Gaspard près de leurs visages les tranquillise. Je pousse donc la porte avec force et m’écrie :


-SANTADIIIIIII !!!!!

Je jette un regard à la salle qui me fixe comme si j’étais tombé sur la tête. Mais ils sont tous complices, je ne me démonte donc pas pour autant et continue.

-Je suis venu réclamer le prix des âmes innocentes dont le sang souille tes mains depuis trop longtemps.

Les types de l’entrée ont finalement franchi le seuil de la porte et s’apprêtent à me foutre dehors mais une rafale en l’air de mon fidèle Gaspard me gagne si ce n’est leur respect du moins leur attention. J’ai l’intention de forcer ce salaud de Santadi à se montrer et pour cela j’ai plus d’un as dans ma manche, je commence alors à déballer tous ses plus noirs secrets au grand jour, tout en pointant mon Gaspard droit devant moi pour dissuader quiconque de jouer les héros.

-L’affaire du Dawn ça te rappelle des souvenirs ? Des dizaines de jeunes clubbers innocents tués pour faire passer un message. Les casinos Santadi sont chasse gardée, quiconque tente de s’y intéresser de trop près risque de voir son business, sa vie et celle de ses clients éradiqués à jamais. Et que dire de ce pauvre Dean Johnson il y a cinq ans. Il a voulu s’en prendre à ta sacro-sainte Famiglia et il a péri dans les flammes de son appartement aux côtés de sa femme et de ses jumelles de trois ans ! TROIS ANS Santadi, tu appelles ça de la justice peut-être ?!

Je m’échauffe progressivement, ma colère prend le pas sur le reste, je me transforme pour que disparaisse Titus Mist le citoyen moyen et ne reste que Titus le soldat de Dieu, Titus le glaive vengeur.

_________________

Spoiler:
 


Dernière édition par Swan Black le Sam 19 Mai 2012 - 10:41, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Coup de Coeur RP   Ven 19 Aoû 2011 - 10:42

LE JOUEUR, Avec René Keefe et Aaricia Arkades


René Keefe

Le soir, 20 h 50 min

Ce n'est pas rare qu'on m'assigne aux rondes de nuit. Elle est dangereuse, la nuit dans la Ville-Basse; il est donc naturel qu'on en confie la patrouille à des Ases. Ça me plait. L'astuce quand on parcourt cette partie pourrie de la ville, c'est de ne pas chercher la bagarre et de rester discret. Les Skulds sont des potiches dans la Ville-Basse, ils ne font pas la loi, ça a toujours été ainsi d'aussi loin que je me souvienne. Il faut respecter l'étiquette de la rue, jouer ce jeu nous aussi, représentants de la justice. Ce n'est pas l'envie qui me manque de cribler un Ase clandestin de balles quand j'en vois un commettre un crime, tout illuminé de couleurs, mais c'est que j'obéis simplement aux ordres de mes supérieurs.

"Dans la Ville-Basse, Triple deux, ferme les yeux. Les Skulds ne doivent pas trop se mêler de leurs histoires." m'a-t-on dit une seule fois. J'ai dit "Oui chef!" et j'ai toujours observé ce commandement.

Je m'habille dans le vestiaire, moi et les autres Skulds. Certains ont terminé leur ronde, d'autres, comme moi, s'y préparent. Chandail, gilet pare-balles, pantalons, bottes... à peine le temps de serrer mes lacets que la voix lourde d'un Skuld que je ne connais pas retentit du fond du vestiaire :

"Keefe! Salle de réunion." Ses mots résonnent dans la pièce. Tout autour, on me mitraille de regards inquisiteurs ou indifférents. Qu'est-ce qui m'attend? Une affectation différente? Des réprimandes? Peu importe, c'était un ordre direct, faut pas je reste ici plus longtemps. J'enjambe le banc et traverse la pièce jusqu'au corridor vers la salle de réunion.

Je ne me rappelle pas précisément de la dernière fois où l'on m'a convoqué. Je m'occupe de ce à quoi on m'assigne et toutes les parties sont satisfaites. C'est sûrement une mission particulière qui m'attend... je ne peux m'empêcher de le penser. J'arrive devant la salle de réunion, la porte est entrouverte. J'entends :

"... ce soir ou jamais." Petit silence à mon entrée, "Triple deux... assieds-toi." Il me désigne un siège au fond de la pièce, derrière quatre Skulds Vanes bien vêtus assis en rang et qui écoutent l'exposé du supérieur. Il y a une autre Ase dans l'assemblée, je le sais tout de suite, elle est en couleur. Il me semble l'avoir déjà croisée... ses cheveux foncés et ses yeux glaciaux me disent quelque chose. À côté de ma taille, elle a l'air minuscule.

"C'est dangereux, mais ça pourrait marcher." que j'entends alors que je m'assois. "Hors de question par contre que l'on confie à eux seuls une mission pareille." L'homme qui parle pointe du pouce vers la fille et moi. Je ne connais personne ici. C'est probablement un commando spécialisé, ou en tout cas une équipe avec qui je n'ai jamais travaillé.

Après les mots de l'homme s'élèvent quelques protestations et approbations. Les personnes ici rassemblées se parlent avec une telle familiarité, ils se connaissent probablement tous. La fille et moi sommes muets. Je ne comprends rien.

Le président de cette assemblée appelle le silence à coups de 's'il vous plaît' et de 'messieurs, messieurs!'. Il s'impatiente et vocifère un 'Assez!' qui impressionne. C'est le calme plat, on l'écoute.

"Si l'on envoie plus de deux hommes aux trousses du Joueur, on sera repéré vite fait et c'est l'échec assuré. De plus, dois-je vous rappeler qu'il faut agir avec urgence ? L'occasion est beaucoup trop belle pour la laisser passer." Deux hommes, visiblement insultés, quittent la salle dès la fin de cette réplique en prenant bien soin de s'indigner et de claquer la porte.

Je fronce les sourcils. Ai-je bien entendu 'le Joueur' ? Voilà un nom de code qu'on connaît bien ici. Le Joueur est un Ase clandestin métamorphe qui utilise une forme différente pour chacune de ses activités illégales. Il a également des connexions avec bon nombre des gangs de la Ville-Basse; chacun d'eux le connait sous une identité différente. Ça fait longtemps qu'en haut lieu, on enquête sur lui... aurait-on une piste ?

Soudainement, le président de l'assemblée s'adresse directement à la fille et à moi. Il nous présente l'un à l'autre rapidement, "Arkadès, Keefe. Keefe, Arkadès. Écoutez-moi bien, il est temps pour vous d'être terriblement efficaces. Notre informateur vient de nous dire que le Joueur est attendu ce soir au Loki Bar pour régler une histoire avec les Mambas. C'est un petit bar rempli d'habitués, envoyer une grosse équipe éveillerait trop de soupçons. Il faut que vous y alliez vous deux seuls, parce que toi tu pourras le reconnaître avec tes yeux et le maîtriser," il me regarde, puis elle "et toi tu pourras sonder son esprit, recueillir de précieuses informations sur les Mambas et les autres gangs. Tu devras aussi lui faire oublier que nous lui avons soutiré toutes ces infos : il faut qu'il continue comme si rien ne s'était passé. Les gangs ne doivent pas savoir que l'on sait. Agissez avec subtilité, évidemment. On l'attend à vingt-trois heures, au Loki Bar... et en civil!"

Vingt-trois heures... si peu de temps pour établir une stratégie, se rendre sur place et agir. Je regarde à peine la fille, on nous presse avec un 'Hop hop!'. Rapidement, on nous dit qu'on gardera le contact radio avec nous jusqu'à l'arrivée au Loki Bar pour nous transmettre toute information utile au succès de l'entreprise, mais qu'une fois là-bas, il n'en tient qu'à nous de réussir. On prend bien soin en plus de nous rappeler que nous sommes traqués par nos matricules et qu'il vaut mieux mener cette mission à bien, qu'il en va de l'avenir de notre carrière et que...

Ouais, ouais comme si j'allais foirer. Je ne supporte pas l'échec et chasser l'Ase, c'est mon dada.


Aaricia Arkades

    Sans raison, mes mains se mettent à trembler. Je les dissimule d’un geste bref en les enfouissant dans les poches de mon pantalon, fronçant les sourcils de manière à peine perceptible. Cela fait depuis quelques jours que mon corps manifeste des signes d’agacement, sans que je puisse en deviner la raison. Même si je me doute, que dans le fond, tout ça a un rapport avec ce qu’il s’est passé dans les égouts. Et mon pouvoir se montre instable depuis quelques jours – l’envie de piller des têtes se fait de plus en plus ressentir, comme si je perdais le contrôle, mais je réprime tout ça, bien au fond.
    Je croise bien quelques « collègues ». Parfois, certains me scrutent avec méfiance, et d’autres m’ignorent comme le fantôme errant que je suis.
    Tout ça m’est bien égal. Je ne tendais qu’à faire mon boulot avec le plus d’efficacité possible. Mais maintenant, tout ça me ronge.

    J’avance d’un pas déterminé, parcourant les couloirs familiers du QG sans m’attarder pour regagner les vestiaires. Plongée dans mes pensées et évitant les regards, ma présence se fait à peine remarquer. Jusqu’à ce qu’une immense silhouette émerge d’un croisement et que mon inattention ne me donne pas assez de temps pour l’éviter. Nos corps se bousculent et je lève la tête vers l’homme qui me surplombe de deux bonnes têtes. Peut-être que mon regard se fait dur au premier abord, mais je fais vite de baisser la tête dans un signe d’excuse. Cet homme est un hung. Il m’est arrivé de le croiser durant certaines missions – le genre d’hommes qui a un avis assez tranché sur les Ases et leur destin.
    Alors que je fais un pas sur le côté pour le dépasser, ce dernier place une main sur mon épaule pour me retenir. Je retiens mon besoin intuitif de me dégager de son étreinte pour oser plonger mon regard dans le sien. Le plat de sa main droite vient violemment s’abattre contre ma joue et malgré la brutalité de son geste, seul mon visage s’incline sous le choc. Je ferme les paupières, me mordant la langue pour faire taire la douleur.

    « On t’a pas appris la politesse dans ton labo l’Ase ?! » – Me susurre-t-il avec mépris.

    Il a rapproché son visage du mien mais je ne cille pas, regardant de côté. Je n’ai pas envie de m’excuser, alors je vais me contenter de l’ignorer. Je sais que ce comportement n’est pas digne de mon matricule mais la colère sourde qui gronde en moi après ce geste est bien trop virulente. L’indifférence. L’indifférence. Alors que je me répète silencieusement ce code de conduite, le Hung me bouscule avec plus d’insistance. C’est une voix familière qui désamorce la situation.

    « Hung Kain, dois-je vous rappeler qu’il est interdit de chercher le grabuge dans les couloirs ? » – La voix est ferme et autoritaire. C’est celle de l’Instructeur Wilson, un homme âgé d’une cinquantaine d’années – un des seuls qui me respectent. « Dégagez ! »

    L’homme nous rejoint en quelques pas. Le Hung me fusille du regard avant d’adresser un petit signe de tête respectueux à l’Instructeur et de prendre congé. Ma joue est encore rougie par la gifle mais je ne démontre rien de la douleur qu’elle ait pu me procurer. Mes prunelles viennent lentement relever celles de l’homme. Je pense lire un bref sourire sur son visage. De la compassion.

    « Hung Arkadès. Nous vous cherchions justement. Veuillez me suivre je vous prie. »

    Je reste à le fixer, circonspecte, avant d’acquiescer et de lui emboîter le pas. J’ignore pour quelle raison l’on veut s’entretenir avec moi mais j’espère seulement que tout ça n’a rien à voir avec les égouts et ce qui s’y est passé. Je veux oublier ce maudit Shadow.
    Nous arrivons bien vite à la salle de réunion où ont lieu la plupart des briefings. Quatre officiers Vanes sont déjà présents dans la pièce et quand l’Instructeur me fait signe de m’installer, je choisis l’une des chaises derrière eux.

    « Très bien ! » – Commence Wilson d’une voix enrouée avant de s’éclaircir la voix. « Est-ce que quelqu’un est allé chercher Keefe ? Je vais commencer sans lui. Il ne devrait pas tarder. Comme vous avez du l’apprendre, le Joueur prépare un coup ce soir au Loki Bar. Il doit y retrouver des membres du gang des Mambas. C’est une occasion à ne pas rater. Nous devons lui mettre la main dessus. Il transite entre chaque gang et possède un nombre d’informations sur lequel on ne peut pas cracher. »

    Pour le moment, l’assemblée est plutôt calme. Je commence à comprendre quel sera mon but dans la mission. Je me contente de croiser les bras en écoutant la suite.

    « Le Joueur est quelqu’un de discret et après mûres réflexions, je ne pense pas que nos équipes surarmées seraient la meilleure des manœuvres. Il nous faut agir avec plus de discrétion. C’est pour ça que je fais appel à ces deux Ases sur cette mission. » – Il me désigne brièvement du doigt et les regards se tournent ostensiblement vers moi. « L’Hung Arkadès que voilà est une Ase très douée pour altérer la mémoire et les souvenirs de sa cible. Elle est entrainée dans la chasse aux Ases, tout comme Keefe d’ailleurs. Je pense qu’à eux deux, ils seront plus efficaces sur cette mission. »

    Des murmures se partagent entre les quatre personnes devant moi. Je reste immobile, mon regard planté sur l’Instructeur qui se claque les mains pour attirer l’attention des bavards.

    « Comprenez-moi bien, avec le pouvoir psy d’Arkadès et le pouvoir de reconnaissance de Keefe, la mission a plus de chance de réussir que toute autre éventualité. C’est ce soir ou jamais. »

    La porte de la salle s’ouvre sur un jeune homme à la peau sombre. Il est plus jeune que moi – il m’est arrivé de le croiser à plusieurs reprises, que ce soit ici ou même à l’Ombilicus. Mon partenaire de mission j’imagine. Les murmures se taisent quand il entre et l’Instructeur Wilson invite Keefe à s’asseoir.
    S’ensuivent de virulentes contestations au sujet de confier la mission à deux Ases. Le Joueur est l’un des Ases les plus recherchés du Quadra, parce que les bruits courent qu’il sait beaucoup de choses au sujet des gangs de chaque ville. Wilson tente de ramener le silence et de s’expliquer, ce qui n’a lieu que de faire sortir deux personnes de la salle. Ce dernier pousse un long soupir avant de reporter son attention sur moi et Keefe. Il nous présente et nous explique brièvement les grandes lignes de notre mission. L’homme sera chargé de le trouver – manifestement, son pouvoir lui permettrait de reconnaitre les Ases. Et moi – évidemment – je devrais piller ses souvenirs et même lui faire oublier notre rencontre. Chose qui me fait vaguement sourciller. Malgré la difficulté de la mission, l’Instructeur semble y tenir. Je me contente donc d’hocher la tête. On se voit obliger d’écouter les habituels avertissements et arguments de motivation pour réussir la mission et j’écoute le tout d’une oreille distraite. Déjà dans ma tête, se profile une ébauche de la mission.
    En civil, dans ce bar. Je ne suis pas très douée pour ce genre de mission d’infiltration, moi qui suis à dix lieues des us-et-coutumes des Vanes et de leur comportement. Quoiqu’il en soit, moi et Keefe devrons composer au mieux pour parvenir à mettre la main sur le Joueur. Quand tout le monde prend congé, je sors de la salle de réunion, jetant un œil à ma montre. 21 :15. Ça nous laisse peu de temps pour appréhender la mission et rejoindre Loki Bar. Derrière moi, je sens une présence. Je me retourne et je me retrouve nez à nez avec le Hunter Keefe. Immense, lui aussi. Alors… C’est à ce moment là qu’on doit s’adresser la parole, non ? Après tout, nous serons partenaires pour cette mission.

    « Salut. » – Je sonde durant quelques secondes les prunelles ébènes de mon partenaire avant de reprendre. « Je vais m’habiller et m’équiper. On a qu’à se retrouver ici dans un quart d’heure pour établir la marche à suivre… Okay ? »

    Mon ton est hésitant. Les choses vont pas mal s’enchainer et c’est bien la première fois que je vais mener une mission en duo avec un autre Ase.








René

On nous démissionne tous une fois les détails connus. Je me lève avec gravité car je sens qu'on vient de m'accorder une confiance dont peu d'Ases profite en m'ayant investi de cette mission. Voilà l'opportunité que j'ai longtemps attendue pour prouver ma loyauté aux Skulds... je ne peux non plus m'empêcher, déjà, d'ambitionner et de caresser l'espoir de monter en grade... Tout dépend de mon efficacité, de ma finesse, de ma force, de...

« Salut. », que j'entends devant moi. Ah oui, tout dépend d'elle aussi. Je pense que j'aurais aimé avoir été seul pour cette mission, question de récolter tous les honneurs, mais puisque je dois joindre mes forces aux siennes, mieux vaut partir du bon pied et se montrer coopératif. Les ordres sont les ordres.
J'avais les yeux et la tête droit devant, je les incline pour lui retourner le regard qu'elle me jette. Mes sourcils froncent légèrement, je serre les dents et souris un peu, mes yeux se plissent : j'ai une expression d'ardente détermination et j'exulte l'optimisme. Ce soir, je donnerai tout, la réussite assurée se lit sur mon visage.

« Salut Arkadès. Quinze minutes, oui. » Nous nous séparons. Un pas pressé me reconduit aux vestiaires où je retire mon uniforme, le sert rapidement et en désordre dans mon casier, puis revêts les vêtements civils que je portais à mon arrivée. Dans ces vêtements très modestes, je me fonderai au décor du Loki Bar. Je cache un Brik57 bien chargé sous mon chandail, coincé entre mon dos et la ceinture de mon jeans. Je ne prends pas le temps de me regarder dans le miroir avant de quitter la pièce, j'en ai jamais eu le réflexe. De toute façon, tout ce que je porte est gris, sinon près du noir. Je ne sais pas quelles couleurs je porte, mais elles sont propres.

Les regards en coin que mes collègues Vanes me lancent dans les couloirs, je ne les vois pas ce soir. J'ai le cerveau occupé par le Joueur, par la meilleure façon de le coincer. Il faut le prendre silencieusement, loin de tout témoin... il faudra probablement attendre qu'il ait réglé ces histoires avec les Mambas, et même qu'il sorte du bar pour le prendre. J'arrive au point de rendez-vous, cinq minutes plus tôt que prévu. 21 h 26...

Le Loki Bar... je n'y suis jamais entré, mais j'en ai souvent patrouillé le périmètre. C'est un coin retiré et entouré d'un dédale de ruelles. Alors que j'attends Arkadès et l''excitation des premières minutes passée, je redescends doucement sur terre. J'ai beau avoir eu un entraînement de pointe, ça reste ma première mission du genre. Je serai peu encadré, les décisions me reviendront... Je ne veux pas que ma partenaire doute de moi (et je n'ose pas m'avouer inexpérimenté), mais si Arkadès a l'expérience de ce genre d'entreprises, je ne pourrai m'empêcher de ressentir un certain baume. Justement, du coin de l'oeil, je la vois tout de suite qui s'approche, en civile et en couleur dans ce couloir gris.

« Prête? » Je n'attends pas sa réponse car visiblement elle l'est. Nous traversons ensemble le QG. À la sortie, un véhicule fantôme mis à notre disposition nous attend. Je la laisse prendre le volant, trop dangereux de conduire avec des yeux comme les miens. Dans la voiture, je lance la discussion :

« Je vais devoir rentrer dans le bar pour reconnaître le Joueur. Comme il aura déclenché son pouvoir pour changer de forme, je saurai l'identifier dès que je le verrai. Sinon pour le reste... j'imagine qu'il faudra improviser selon ce qu'il fera. Faudra le coincer quand il sera seul... T'en penses quoi? »

Je n'ai pas osé lui poser directement la question 'Quel est ton plan ?' de peur d'avoir l'air indigne de la confiance des Skulds. Je me ragaillardis en me souvenant de ma force physique, de ma vitesse et de mes tirs adroits, je ne vois simplement pas comment ça pourrait mal tourner... Alors que nous parlons, les rues deviennent de plus en plus familières et je sens qu'on approche du Loki Bar. J'ai hâte de me lancer, je suis fébrile.

Aaricia

    L’Ase a l’air concentré et j’ai comme l’impression de faire tâche sur le tableau. Quand il remarque ma présence, il daigne me confirmer mes indications – je devine que malgré mon grade un brin supérieur au sien, ce dernier est ambitieux. Il me rappelle moi, il y a encore quelques jours. On a été élevé comme ça – dans le but de servir nos supérieurs et de rentrer dans leur bonne grâce. Chose qui ne s’avère pas simple. Je vois ma situation avec un certain détachement maintenant. Mon regard est nouveau, bien que je n’arrive pas à déterminer en quoi.
    Je tourne aussitôt le dos à Keefe pour me diriger vers les vestiaires féminins, encore plus perdue dans mes pensées qu’à l’arrivée. Mais là, ma réflexion va vers la mission qui m’attend. Comptons sur la présence de certains Mambas dans le bar – ça n’arrangera pas les choses. Heureusement, le pouvoir de Keefe s’avérera très utile pour les repérer, si toutefois ce sont bien des Ases qui se pointent. C’est bien connu que même quelques Vanes imprudents se sont liés aux gangs de la Ville Basse.

    Je pénètre dans la pièce faiblement éclairée qui est à présent vide. Je préfère quand c’est comme ça – c’est ainsi que j’évite les regards des femmes peu nombreuses dans le milieu. Elles sont presque pires que les hommes, avec leur regard mesquin et leur langue affûtée. Sournoises. J’ouvre mon casier et j’en sors mes vêtements de civile. Un jean, un pull sombre – une tenue sobre. Je me passe de l’eau sur le visage, observant mon reflet avec étrangeté dans le miroir. Celui-ci a bougé. Indépendamment de moi – j’en suis persuadée. Je cligne lentement des paupières puis je finis par secouer la tête avant de m’essuyer le visage avec une serviette propre.

    J’empoche une arme discrète avant de me diriger Je quitte finalement les vestiaires, passant chercher les émetteurs radio avant de retrouver Keefe à notre lieu de rendez-vous. Lorsqu’il me demande si je suis prête, j’acquiesce simplement la tête avant de lui emboîter le pas vers la sortie du bâtiment. Je lui tends son émetteur avant d’ajuster le mien à mon oreille – un petit appareil discret qui nous permettra de communiquer avec la base ou entre nous si besoin est. Une fois passée le seuil de la porte, je me dirige vers la voiture banalisée avec laquelle nous nous rendrons au Loki Bar. Un simple regard à l’égard de mon partenaire m’indique que c’est moi qui conduis. Je prends donc place sur le siège conducteur et m’assure que Keefe est bien installé avant de démarrer le moteur. Le début du trajet se fait en silence, avant que l’Ase ne daigne prendre la parole. Mon regard est fixé devant moi, et je suis concentrée sur ma conduite.

    « Je vais devoir rentrer dans le bar pour reconnaître le Joueur. Comme il aura déclenché son pouvoir pour changer de forme, je saurai l'identifier dès que je le verrai. Sinon pour le reste... j'imagine qu'il faudra improviser selon ce qu'il fera. Faudra le coincer quand il sera seul... T'en penses quoi? »

    Je laisse planer un petit silence avant de répondre.

    « Comment ton pouvoir fonctionne ? J’imagine que c’est quelque chose de visuel, non ? » – Lui demandé-je. Puis je reprends d’une voix ferme. « On rentre, on le repère – on essaie de le surveiller discrètement le temps de son entrevue, puis quand il s’éloigne ou qu’il quitte le bar, on lui met la main dessus. Ça me semble la meilleure des solutions. A moins que tu ne veuilles tenter de rentrer en contact avec lui mais personnellement, je ne suis pas très douée en matière de manipulation. »

    Je lui jette un regard de biais avant de surveiller ma montre. Il est 22 :30. Nous avons donc une petite demi-heure pour nous mettre en place et tenter de repérer l’arrivée du Joueur pour la suite de notre plan. Même si je sens une certaine nervosité poindre dans le creux de mon ventre, je me sens plutôt confiante. Je prends quelques embranchements de ruelles peu fréquentées avant de garer le véhicule à quelques mètres du bar en question.


_________________

Spoiler:
 


Dernière édition par Swan Black le Sam 19 Mai 2012 - 11:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Coup de Coeur RP   Ven 19 Aoû 2011 - 10:46

THE ENEMY WITHIN. Avec Lotus Hemingway, Glen Pierce, Luxury Brogan et la participation d'Otis Ivanov


Lotus Hemingway

Lotus était tendue. C’était le grand jour elle ne l’ignorait pas. Elle attendait avec impatience que tout commence ça serait plus facile dans l’action. Ce qui la rendait dingue c’était l’expectative et elle était d’une humeur de dogue depuis son réveil. Elle avait ordonné à Wallas de se montrer ultra vigilant sur les allées et venues au sein du Gled tout en restant discret. Il ne savait rien de l’échange qui aurait lieu entre Crystal et Lux et c’était mieux ainsi. Il fallait qu’il soit persuadé que c’était la vraie Crystal, comme tous les autres, ça serait un bon test de crédibilité.

Lotus n’en revenait pas que cette alliance soit sur de bons rails. Quand elle en avait parlé à Crystal sa première réaction n’avait pas été bonne du tout.

********

« Est-ce que tu as pété les plombs Lou? Ils me tiennent… Tu n‘imagines même pas ce qu‘ils peuvent faire. A toi, à Wade ou Isa mais aussi à Clyde… Ils sont prêts à tout je l‘ai bien senti…»

Ceci dit juste avant de s’effondrer dans ses bras. Lotus n’en revenait pas, elle n’avait jamais vu sa patronne dans cet état et ça lui donnait des sueurs froides.
Elles avaient discuté pendant des heures à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes. Crystal avait pu exprimer ses craintes et Lotus pour une fois avait su se taire et écouter. Quand sa patronne eut fini la jeune femme la serra très fort dans ses bras avant de parler.

« Tu n‘as pas le choix Crystal, il faut t‘en libérer. On ne peut pas rester comme ça sous leur emprise sans jamais savoir ou ils frapperont après. Il faut frapper les premières et frapper fort. Pour ça il nous faut de l‘aide. Ce type là Elias, Nick, ou quel que soit son nom, je l‘ai rencontré et je pense vraiment qu‘on peut lui faire confiance. Enfin non pas vraiment c‘est un enfoiré d‘empathe mais quand même !! Je suis sûre que pour niquer les 6 il est prêt à pas mal de concessions.»

Crystal ne s’était pas laissée convaincre tout de suite elle avait peur pour ses proches et n’était pas certaine du tout de l’intérêt d’une alliance avec les mambas. Elle avait ressenti le besoin d’en parler à Wade et à Isa bien entendu avant de prendre une quelconque décision. Pendant ce temps Lotus avait revu Glen et ils avaient discutés des différentes possibilités. Il fallait une rencontre discrète a l’abri des regards et pour ça il fallait créer une diversion intelligente et bien menée.

Il fallait aussi assurer la sécurité de Crystal mais pour ça Lotus faisait confiance à Wade. Il était très fort à ce petit jeu et son attachement pour Crystal était un très bon garant. Elle se retrouvait instigatrice de ce projet et si ça foirait sa tête pouvait tomber. Au sens figuré, du moins, elle l’espérait !!

*******

Maintenant ils y étaient. Isadora avait su trouver les mots pour convaincre Crystal. La vipère pensait évidemment au développement possible pour les Jotuns en Nordri et ça n’était pas étranger à sa décision. Lotus espérait qu’elle n’attende pas juste de la voir se planter dans les grandes largeurs mais commençait à douter elle-même. Elle se repassa le plan dans le détail essayant de trouver une faille.

D’ici 10 minutes Glen allait arriver avec un autre mamba télépathe d’après ce qu’elle avait compris. Ils escorteraient Lux. Là c’était son tour d’accomplir sa mission. Elle devait en transmettre assez sur Crystal pour qu’elle parvienne à être crédible en prenant son apparence. Dans deux heures Crys serait là avec Wade pour la tournée des maisons. C’était là qu’aurait lieu l’échange. Elle allait quitter les lieux pour rejoindre Swan. Lotus ne savait même pas où et elle ne voulait pas le savoir. Impossible de livrer une information qu’elle ne connaissait pas. Pendant ce temps Lux et elle continueraient la tournée avec Glen et son ami mamba dans le rôle des blousons… Pfiou ça allait être chaud bouillant et c’était diablement excitant. La jeune femme était perchée sur des talons de 15cm et portait un chignon travaillé ainsi qu’un maquillage parfait. Drapée dans une robe noire et moulante elle était l’image même de la pute de luxe. Classe et inaccessible pour le commun des mortels. C’était nécessaire qu’elle soit elle-même, aussi décadente et provocante que d’habitude. Le but n’était pas de passer inaperçue au contraire. Une revue des maisons en grande pompe avec une Lotus au top de sa forme. Voilà ce qui devait transparaître. Elle devait garder son naturel et pour ça elle avait besoin de sa tenue sexy et des artifices qui l’entouraient habituellement. Son téléphone sonna et elle entendit la voix de Crystal au bout du fil comme prévu.

« Lou? J‘arrive d‘ici deux heures. Tiens toi prête je n‘ai pas de temps à perdre.»

Ton désagréable et provocateur comme prévu également. Crystal était certainement sur écoute et du coup les 6 sauraient ou là chercher pours les deux heures qui suivaient. Autant leur éviter de s’affoler à sa recherche. Le ton désagréable permettrait d’expliquer un froid possible entre les jeunes femmes pour éviter que ‘Crystal’ version Lux ne parle trop. Ce plan était parfait, il fallait qu’il marche. Bordel il le fallait, pas le choix… Elle était dans ses appartements attendant tout ce beau monde croisant fermement les doigts quand elle entendit la sonnerie de son ascenseur privé. Les affaires venaient de reprendre. Elle se leva et ne put résister à l’envie de se regarder dans la glace pour vérifier sa mise avant de prendre la direction du pallier pour accueillir Glen et ses petits amis. Sa robe qui découvrait son dos était un petit clin d’œil pour le jeune homme. Après tout ce tatouage elle l’avait fait pour lui… Ils étaient dans la même galère et elle commençait maintenant.



Glen Pierce

    Le plus stressant dans cette histoire c’était quand même de se retrouver à nouveau entre Lux et Lotus. C’est à ça qu’il songeait tandis qu’il bâillait à s’en décrocher la mâchoire, les mains dans les poches et les épaules tombantes. Pendant ce temps l’ascenseur continuait de grimper étage après étage dans le silence le plus total, puisque les Jotuns avaient eu le bon goût de ne pas y foutre une musique nulle pour combler. Les deux autres avaient optés pour le silence aussi et ça lui convenait très bien. Ca lui donnait l’occasion de pester intérieurement et de maudire une toute dernière fois le monde avant de devoir mettre tout ça de côté, dans un recoin du grenier d’son crâne.

    Il avait besoin de place, besoin de concentration, besoin d’être complètement présent et ancré. Pas de pensées parasites, pas de points d’interrogations intempestifs ou de scénarios catastrophe, juste ici et maintenant. C’était la meilleure manière d’être réellement efficace. Du moins, c’était la version sur papier. Dans la pratique, réussir à mettre totalement sa tête dans un truc lorsqu’on se trouvait dans la même pièce que Lotus, Lux et Otis, c’était comme essayer de convaincre Swan et Red d’enfin s’couper les cheveux : Téméraire et utopique…

    D’un autre côté, le plan qu’ils avaient monté Lotus et lui était simple mais plutôt efficace. Glen voyait mal comment les choses auraient pu déraper vu la diversion en béton qu’ils s’étaient trouvés. Pour le coup, il était bien obligé d’admettre que Lux n’était pas totalement inutile parfois. Il pouvait continuer d’affirmer sans mal que ça n’était rien d’autre qu’une grosse morue vicieuse et insupportable, mais il ne pouvait désormais plus lui reprocher de ne servir à rien. C’était toujours ça d’prit.

    C’qui risquait de l’foutre en pétard par contre, c’est que cette histoire d’alliance ne mène à rien. Si leurs deux grosses têtes respectives refusaient de s’mettre d’accord il risquait de l’prendre pour lui. Ils s’étaient donnés vachement d’mal pour que ce plan ressemble à quelque chose et pour se la jouer pro, maintenant c’était leur tour. En gros il espérait que ce meeting de la mort soit plutôt un genre de formalité et qu’ils n’allaient pas revenir de là en leur disant ‘ouais… nan en fait nan, pas envie’. Non, maintenant qu’il s’était bougé l’cul, il voulait son alliance.

    C’était un peu intéressé en plus du coup…
    Ca allait lui faciliter la tâche avec Lotus. Peut-être même qu’elle allait devenir moins chiante et s’calmer. Ca lui donnait en tout cas l’occasion d’baiser plus souvent et ça n’était pas négligeable, même si ça n’était pas sa priorité. Enfin c’était UNE de ses priorités mais pas LA priorité. La vraie priorité c’était ces enfoirés de Six. Glen ignorait de quoi serait fait la suite, mais quoi qu’il en soit, l’alliance risquait de leur donner une puissance de frappe encore meilleure qu’elle ne l’était déjà, et ça c’était encore plus bandant qu’une petite chatte bien ferme. Il adorait ça. La puissance de frappe, pas les p’tites chattes bien fermes… enfin si ! Mais ça dépendait du contexte. Enfin bref.

    Il était conscient des enjeux, mais heureusement son niveau de stress n’était pas supérieur à la normale. Déjà parce que c’était difficile d’être encore plus nerveux que d’habitude, et ensuite parce qu’il n’en n’était pas à son premier gros coup et qu’en 15 ans il en avait vu d’autres. Certainement que Lux aussi puisqu’elle n’en n’était pas à ses débuts non plus. Otis par contre ? Pas si sûr. Un dépucelage du genre ça faisait toujours peur non ? Première mission officielle pour le gang, et pas n’importe laquelle. Une mission importante, dans laquelle il avait un rôle important, avec des enjeux importants et un ennemi imposant et dangereux. Un vrai coup d’poker de compter sur un gamin inexpérimenté pour un job pareil. D’un autre côté, quand Swan les avait présentés l’un à l’autre y’a quelques jours, Glen était tombé sur le cul. Il s’était attendu à voir débarquer le télépathe de base, trop dark, trop ténébreux, trop chiant surtout, genre comme Vince et Jal. Au lieu de ça on lui refilait un p’tit branleur avec une grande gueule qui rigolait bien fort et excellait dans l’art de se déchirer la tête. Glen approuvait le changement d’ambiance - contrairement à Lux, pour son plus grand plaisir…

    « Etage… douze » récita une voix de madame-robot dans le petit habitacle « Bonne journée »
    « C’est ça. Ta gueule » lui répliqua Glen alors que les portes s’ouvraient lentement.

    Elles dévoilèrent la haute silhouette élancée de Lotus qui les attendait sur le palier, classe, presque sévère, mais toujours aussi bandante, quoi qu’il arrive. Il étira un coin de ses lèvres en un petit rictus carnassier qui n’dura pas plus de quelques secondes tandis qu’il s’avançait vers la jeune femme. Devant les deux autres il ne savait pas très bien comment la saluer, mais Lotus se posait moins de questions que lui et une fois devant elle, elle écrasa ses lèvres sur les siennes pour quelques sulfureuses longues secondes qui prirent malheureusement fin lorsque la grosse tête moche de Lux apparut dans l’coin d’son œil. Il prit donc l’initiative de se décoller d’la Jotun qui s’était perchée sur des talons tellement en haut qu’elle en avait presque une tête en plus que lui.

    « Mouais. Tu connais Lux, ça c’est Otis, et ça c’est Lotus » reprit-t-il pour en revenir à leur moutons avant de se tourner vers la prostitué « T’as les fringues pour tout l’monde ? »

    Elle lui désigna silencieusement la porte qui les mènerait à l’intérieur de son appartement et après une dernière petite tape dans le bas de son dos, il s’éloigna d’elle pour franchir la porte.



Luxury Brogan

    L’idée de coopérer avec les Jotuns pour faire tomber les Six me fait largement sourire. Il faut dire que mes ronds de jambe pour en apprendre plus sur le fait qu’ils tiennent le gang de Westri par les couilles m’ennuyait au plus haut point – surtout lorsqu’on doit pour ça se coltiner l’Arsenal. Mais je vois bien qu’il ne s’est jamais autant senti impliqué dans une mission que celle-là. C’est presque aussi épatant que toutes les bouteilles qu’il s’enfile l’alcoolique et je pense que Lotus n’y est pas pour rien là-dedans.
    Lorsqu’on m’a expliqué le plan, je n’ai pas pu m’empêcher d’en rire – parce qu’il y a bien longtemps qu’on n’a pas pondu quelque chose d’aussi efficace.
    Me faire passer pour Crystal ne devrait pas être très difficile, même si les souvenirs que j’ai partagés avec elle remontent à assez loin.

    Le petit nouveau de la bande, le télépathe – il m’amuse. Il a ce petit côté insupportable et immature à la mode Arsenal mais en carrément plus canon à reluquer. Un dragueur invétéré. Mais l’idée que ce dernier puisse se balader dans mes pensées à de quoi me rendre méfiante. Je n’aime pas l’idée qu’on puisse fouiller dans ma putain de tête, même si je joue de temps en temps sur l’idée pour voir s’il espionne. Quoiqu’il en soit, ce soir, ça va se passer entre moi, le télépathe, le boulet et sa poule. Même si la mission ne semble pas trop périlleuse à première vue, je suis certaine que mes partenaires seront à l’origine de bon nombre de problèmes.

    Je suis détendue, adossée contre le fond de l’ascenseur, les bras croisés contre ma poitrine en matant le cadrant de la cabine. Je sens en moi une certaine excitation – l’adrénaline de la mission à venir, même si je n’en démontre rien. J’arque un sourcil ennuyé le temps de notre interminable ascension et je mate ostensiblement le cul du p’tit nouveau qui joue les gardes du corps prés de Glen. Je relève mes cheveux pour les nouer au dessus de ma nuque, occupant mes mains dans cette atmosphère silencieuse d'avant-mission.

    Le tintement se fait enfin entendre et lorsque la voix électronique nous assure qu’on est bien au douzième, l’Arsenal ne peut pas s’empêcher de faire une remarque. J’emboîte le pas de mes deux compères d’une démarche féline et assurée jusqu’à ce qu’on se tienne devant la belle plante des Jotuns, nous attendant de pieds fermes sur le palier. Je m’attends déjà aux petites retrouvailles passionnées entre nos deux tourtereaux et j’affiche un sourire en coin mesquin quand Lotus emballe tête de Glen sous nos yeux. Je sais pas si je dois être débectée ou attendrie par ces deux là. J’affiche une petite moue amusée sur mes lèvres carmines puis j’écoute les rapides présentations avant de me diriger vers l’appartement en question. Je rentre dans la pièce, retirant mes gants en parcourant l’endroit du regard avant de prendre la parole.

    « Alors… Même si j’ai eu le plaisir de côtoyer d’assez prés Crystal pour savoir comment elle se comporte, je ne dirai pas non à quelques renseignements pour me rafraîchir la mémoire. »

    Je fixe mes prunelles cristallines dans celles de la jeune femme qui se tient face avec moi et je l’interroge d’un sourcil arqué.




Otis Ivanov

Enfin. Enfin. Enfin !!!! On est sortis du Ragnarök. J’ai bien cru que j’allais rester enfermé dans cet enfer glauque et déprimant à souhait à écouter la moindre des pensées de l’autre dégueulasse de Call et ce jusqu’à dépérir de dégoût ou d’ennui, au choix. Parce que si, sur le coup, l’idée d’avoir enfin une vraie mission m’avait vraiment botté -histoire de montrer que moi aussi je peux être utile aux Serpents et pas juste l’inverse- je commence à regretter ce boulot. Non mais c’est vrai vous n’avez pas idée de ce qu’on peut se faire chier dans une prison ! Pas la moindre nénette avec qui passer du bon temps -l’autre allumeuse de service étant hors catégorie-, pas moyen de se défoncer la gueule correctement : ni alcool, ni drogue, rien qui pourrait faire des dégâts si ça venait à atterrir entre les mains des détenus. Je vous en ficherais moi de la prévention ! Comme si les flingues que les putains de gardes se coltinent ne pouvaient pas faire plus de dégâts qu’un peu de coke. Encore heureux que Glen ne tient aucun compte de ce genre d’interdictions sinon je n’aurais jamais tenu le coup depuis le temps. Parce que je vous assure que pour ne pas avoir envie de rendre son déjeuner après avoir passé la matinée à garder la cervelle de Call sous contrôle, il faut une bonne dose de poudre !

Mais, aujourd’hui c’est fiesta. On a mis les pieds en dehors du Ragnarök et quand je dis « on » c’est toute la petite bande au complet : Glen, Luxury -je vous jure même son nom est un appel au vice à cette salope !- et moi. Il est question d’une alliance avec les Jotuns, l’idée étant de couper l’herbe sous le pied aux Six qui auraient tendance à un peu trop tirer les ficelles de la grande patronne, en tout cas de ce qu’on a bien voulu m’en expliquer. En gros, moi je suis là pour jouer les gardes du corps et surtout m’assurer que personne n’a de mauvaises intentions à l’égard de notre bande de joyeux lurons. Un job qui me plaît bien, toujours plus ragoûtant que de continuer à scruter la cervelle de l’autre psychopathe. Et puis, qui sait, à force de passer la soirée dans l’antre des putes réputées les plus bandantes du Quadra je finirais peut-être chanceux ?

En attendant, on est dans l’ascenseur qui nous amène au lieu de rendez-vous avec la régulière de Glen. Un sacré brin de fille si j’en crois les images qui traversent l’esprit de l’Arsenal en ce moment. Non, je ne suis pas un voyeur, c’est juste que, quand je suis sous tension, mon pouvoir part encore un peu en cacahuètes. Diamondback a beau essayer de m’inculquer toutes ses fichues méthodes de respiration and co, la concentration ça a jamais été mon truc. Je suis un nerveux et quand la pression se fait trop grande, mes antennes connectent sans me demander mon avis. Je ne peux d’ailleurs m’empêcher de déglutir un peu trop fort quand je comprends que Luxury mate ostensiblement mon cul. Mais vas-y te gênes pas et après ça joue les effarouchées quand j’essaye de l’approcher, je comprends décidemment pourquoi Glen peut la piffer cette grognasse. Heureusement le coup de gueule de ce dernier me ramène à la réalité et je reprends le contrôle de mon pouvoir. Pas trop tôt j’ai envie de dire, j’aurais l’air fin si, avant même de commencer la mission, je perdais déjà mes moyens.

On tombe donc sur la fameuse Lotus qui nous attend de l’autre côté des portes de l’ascenseur et je dois dire qu’elle est encore mieux en vrai que dans les fantasmes de Glen. Il l’a bien choisie le salaud ! Et putain quand elle se met à dévorer sa bouche comme si Luxury et moi n’existions pas, il me faut tout mon self-control pour ne pas ouvrir la bouche et me mettre à baver. Je me contente néanmoins par précaution d’un simple hochement de tête au moment des présentations, je ne suis pas sûr d’être en mesure de prononcer une phrase qui fasse sens si jamais je venais à ouvrir la bouche, alors mieux vaut prendre ses précautions.

On suit la Jotun dans ses appartements et Luxury -le job avant tout- se lance déjà dans les questions sur des points de détail. Quoique, quand elle fait référence à sa connaissance « intime » de la patronne des Jotuns, une image qui ne devrait pas s’immiscer dans mon esprit s’y case avec une aisance fournie par les heures de discussion avec Dexter dans son labo. Ce type connaît toutes les rumeurs sur les membres du gang et si les gens écoutaient un peu plus ce qu’il avait à dire, au lieu de tout refouler sous l’étiquette « délire d’un drogué perpétuel », ils en apprendraient de belles. Comme concernant l’ancienne affaire de Luxury et la fameuse Crystal. Mais je m’égare une fois de plus. Ecoutons plutôt ce que la demoiselle Hemingway a à nous apprendre, je ne veux pas faire d’erreur qui me coûterait ma place dans le gang -et probablement bien plus que ça- juste parce que Luxury me frustre.

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Coup de Coeur RP

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