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 Mise au point [PV Catleen Pimas]

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Diane Ambrose
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MessageSujet: Mise au point [PV Catleen Pimas]   Dim 4 Mar 2012 - 18:53

La jeune femme avait relevé ses cheveux en un chignon soigné, maquillé ses lèvres de rouge et ses yeux de noir. Ses ongles étaient recouverts de grenat et les longues boucles d’oreilles argentées demeuraient le seul bijou apparent. C’est ainsi qu’elle apparut à la sortie de l’ascenseur. Elle traversa la première pièce et sans un regard pour celle qui venait de prendre un appel en son nom, elle déclara sombrement.

- Venez dans mon bureau, j’ai à vous parler.

Diane entra dans son bureau et laissa la porte entrouverte. Le long manteau ébène qui la couvrait jusqu’aux genoux glissa de ses épaules pour se retrouver pendu à la patère. La jeune femme jeta un vague regard vers sa ville qui disparaissait sous une pluie brumeuse ce jour-là. Le lendemain de son arrivée au poste de Skaldi. Elle le savait, les changements ne seraient pas immédiats mais elle devait les prévoir et peut-être même en amener certains. Ses yeux se détournèrent pour tomber sur le courrier que sa secrétaire avait posé sur son bureau avant son arrivée. Diane avait des points à remettre sur les « i ».

La veille, dans sa voiture, les réflexions sur le Norne Kolman se disputaient les ambitions de Diane et les futures charges de la jeune Catleen Pimas. Il fallait qu’elle pense à la suite. La fin n’est que le commencement sans compter qu’elle gardait sa charge de Skaldi. Mais la jeune femme devait voir plus loin pour atteindre son but. Aussi même si certaines paroles du Norne l’avaient irritée, elle devait reconnaitre que quelques-uns méritaient qu’on s’attarde dessus. Aussi, sa secrétaire n’était pas entrée par hasard dans son service mais il était temps qu’elle en sache plus et surtout que Catleen devienne un atout majeur dans sa manche de Skaldi.

Les idées foisonnaient, mais il ne fallait pas qu’elle se perde dans les méandres de ses envies. D’un autre côté, chacun savait que la Dame de Glace ne fléchissait jamais pas même devant ses propres volontés. Elle avait une maîtrise parfaite d’elle-même sans doute trop. C’est pourquoi, se rabattre sur quelqu’un, donner sa confiance était, dans son esprit, fatal. Si on voulait que les choses soient bien faites, autant les faire soit même. Une seule fois auparavant elle avait eu une pensée similaire à laquelle elle s’était vue rétorquer : et se salir les mains ?

C’était il y avait maintenant trois ans, avec Vladimir Zlatko. Entre temps, alors que les Skulds Noirs bien qu’illégaux faisaient un peu trop parler d’eux au goût de la jeune femme, elle avait eu recours aux services de Cypher Angelo et devait avouer, malgré une évidente mauvaise grâce, qu’elle n’avait eu pour le moment aucune raison de s’en plaindre, si ce n’est lors de son enlèvement. Elle avait alors vu un pan de sa personnalité qui n’avait pas joué en sa faveur. Mais elle le payait pour enquêter et tuer, pas pour lui faire la conversation.

Une en revanche qui devait surveiller son élocution et sa tenue en bonne société si elle voulait garder son travail n’allait pas tarder à passer la porte de son bureau. La Skaldi attendait l’arrivée de sa secrétaire qui commençait à se faire désirer, elle avait pourtant été claire. Malgré tout, ce manque de ponctualité de Catleen en cet instant l’aidait à préciser plus encore ce qu’elle voulait lui dire et la manière dont elle comptait faire passer le tout. Car si Diane ne s’embarrassait pas de ronds de jambes et autres façons de tourner autour du pot, elle savait que perdre sa secrétaire si tôt ne serait pas bon après la publicité entourant sa libération de la ville basse. Elle passait pour une miraculée et le peuple l’avait pris en sympathie. Si elle devait s’en séparer, elle devait laisser passer du temps, juste assez pour que la pute miraculée soit oubliée. Mais pour le moment, là n’était pas la question.

L’intéressée pénétra dans la pièce avec un petit coup frappé pour annoncer son entrée auquel Diane n’émit pas d’écho. A pas rapides elle se posta devant le bureau et s’assit sans y être invitée, comme s’il existait à présent un accord tacite entre la Skaldi trônant devant son large bureau, le menton posé sur ses mains jointes et la petite secrétaire siégeant face à elle, les doigts entrelacés sur sa jupe. La Dame de Glace la toisa.


- J’avais cru que ma demande signifiait rapidement et je n’ai que faire de ce qui vous a retardé. Quand je dis : « venez » il y a un sous-entendu : « toutes affaires cessantes ». Mais passons.

Se calant contre le dossier de son fauteuil, Diane fit un geste de la main, comme chassant un insecte volant, pour éloigner les réprimandes. Elle continua.

- Je voulais revenir sur votre venue à la soirée d’hier.

Elle laissa trainer un temps de silence, pensant que la jeune fille le saisirait pour tenter de se justifier. Finalement, ce que Diane cherchait.

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Catleen Pimas
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MessageSujet: Re: Mise au point [PV Catleen Pimas]   Lun 5 Mar 2012 - 9:14

Insomnie, fièvre, attente du lendemain. L’angoisse de ne pas avoir agi comme il le fallait, dans l’ignorance des comportements à adopter parmi les gens de la haute.
Bien sûr, Catleen Pimas n’avait pas pu dormir de la nuit entière. En proie aux souvenirs, à la peur irrépressible d’être jetée à la porte, si elle n’avait pas fait ce qu’il fallait ; mais aussi l’ancienne crainte qui revenait, encore si récente, si récente, des derniers cadeaux de Gabriel. Oui, les souvenirs revenaient en masse, oui, ils étaient si vivaces, dans l’obscurité rassurante de sa nouvelle chambre, qu’elle se mettait parfois à hurler lorsqu’elle fermait les paupières et qu’elle entendait un bruit anormal. L’ancienne pute se levait alors d’un bond, se réfugiait dans l’étroitesse rassurante de la salle de bain, toutes lumières allumées – mais cette nuit-là, la montée d’angoisse était trop forte. Incapable de s’arrêter de pleurer, la jeune fille avait aperçu à travers ses larmes un reflet argenté, bordant le lavabo. Le rasoir. Et mue par une impulsion, s’en était saisi, sans trop réfléchir.
Cette nuit-là, oui, Catleen avait fait tourner l’objet entre ses doigts, sans bien savoir pourquoi elle l’avait pris, véritablement. Puis, insensiblement, elle l’avait promené sur sa peau blanche de belle-de-nuit, la peau douce des bras, avait effleuré la veine avec une satisfaction morbide, cherchant l’apaisement de ses pensées agitées. Et puis elle avait changé d’avis. Pas les bras. Et si sa nouvelle patronne, la Dame de Glace, lui demandait de se mettre à bras découvert ? Non… Lentement, la secrétaire de Diane Ambrose retroussa sa chemise de nuit, appuya la lame sur le haut de ses cuisses, trancha la peau d’un coup sec. Une douleur fulgurante effaça un instant l’angoisse, une fleur pourpre se dessina, s’étiola, coula lentement sur le sol, de la coupure pratiquée.

La vague de soulagement la prit de court, lui coupa le souffle. Il lui sembla que la douleur dans sa tête, dans son corps, s’évanouissait, perdait du terrain ; et elle soupira de bonheur, d’un bien-être étrange et vaguement sensuel. Est-ce qu’elle était finalement devenue folle ? Est-ce qu’elle était timbrée, à se faire mal, puis à ressentir la douceur du soulagement ? C’était si bon, cette sensation, si bon, si doux…

***

Toujours assise dans ma salle de bain, je me réveille lentement. Dans ma chambre, la routine reprend le dessus : le réveil sonne, j’ai programmé le micro-onde pour qu’il s’enclenche aussi, pour réchauffer directement mon café du matin. Par terre, un peu de sang. J’ai lâché l’objet du délit quand j’ai dû m’endormir, alors, vite, je le cache à ma propre vue. Non, c’est fini, tout ça, tout s’qui est pas sain, c’est fini ! Vite, je nettoie la plaie, je m’habille rapidement, j’exécute tous les gestes habituels, comme pour effacer mon crime à mes propres yeux, ma propre perversité. C’est pervers, tout ça. Tout comme ces putains d’ases en liberté, d’ailleurs. Une onde de culpabilité m’envahit – le battage médiatique, bâti sur un mensonge, de Diane Ambrose, qui a servi de prétexte à une nouvelle chasse aux mutants dans les bas-quartiers, j’ai jamais voulu ça. Les ases, c’est pas sain, mais un massacre, j’veux dire, être à l’origine d’un massacre… J’aurai pas dû penser, et bordel !
A nouveau, cette chape d’angoisse m’envahit. Mais le rasoir est bien rangé, et je fuis presque l’appart’, bien en avance pour arriver au travail. L’air un peu vif du dehors me fait frissonner, puis sourire. Le vent balaie un peu mes cheveux, mon visage, ma jupe d’un jaune très doux, un peu prude, très serrée aux jambes, évasée au niveau des genoux. Ca balaie tout, et mes questions, et mon mal-être…
C’est une nouvelle journée.

Là encore, les gestes devenus presque habituels. La réception du courrier, faut le déposer sur le bureau de la patronne, bien en ordre, puis je referme son bureau, sans rien toucher. J’ai pas grande idée des nouvelles responsabilités qu’elle va devoir assumer – et que je vais devoir assumer, par ricochet. Mais bon, j’suppose qu’elle me le dira. J’espère juste… n’avoir pas fait de faux pas hier. Et je secoue la tête toute seule, il ne faut pas y penser, pas maintenant.
La matinée débute enfin. Avec plaisir, je me plonge dans les téléphones, les rendez-vous à confirmer, la liste des mails. Une avocate appelle pendant que Diane arrive enfin, pendant qu’aussitôt, un poids réapparait dans mon ventre. Mais qu’est-ce qui te prend, hein, Cat’ ? Si j’arrivais à me calmer…

Elle me demande de venir à son bureau, et disparait dedans, pendant que je regroupe le carnet de rendez-vous, les demandes des quémandeurs à traiter, son horaire de la journée. Je suis si troublée que je réponds automatiquement à un dernier téléphone, je l’expédie rapidement, et enfin, j’arrive à me lever, à toquer, une fois, avant de rentrer. En vérité, j’ai les larmes aux yeux, j’ai les jambes qui flageolent – que va-t-il se passer si je suis virée, hein ?!
La terreur déborde dans mon estomac, dans mes jambes, la blessure picote un peu. Ça me permet de garder mes larmes pour moi, de le remplacer par un sourire, le commercial, un peu aguicheur, des anciens jours…
Mes affaires posées sur mes genoux, je la dévisage néanmoins difficilement. Elle a un si beau visage, cette dame, comme celui sur la couverture des livres que je lisais autrefois, mais si froid, parfois ! La vérité, c’est qu’elle me terrifie, cette femme. Elle aussi, elle a tout pouvoir sur moi. Comme Gabriel, l’ange à qui j’ai stupidement tout donné, qui a fini par me presser entre ses doigts, avant de m’expédier dans les Enfers ! Mais elle, et alors, est-ce que j’ai aussi le choix ? Est-ce que j’ai vraiment le droit de dire non sans risquer de me faire virer, et de retourner à la rue, avec les mêmes difficultés qu’avant de rencontrer mon mac’ ?

Je hoche rapidement la tête à sa remontrance, sans répondre. Elle veut pas de réponse, ça s’voit. Elle veut juste m’engueuler un bon coup. Elle a sans doute dû s’ennuyer à cette soirée (bien que je ne comprenne pas comment on puisse s’emmerder avec un pareil gratin !) et elle a été vexée de pas pouvoir partir. Après tout, elle a maintenant tellement de responsabilités !

Ma cicatrice picote encore lorsqu’elle me pose la question tant redoutée. Les mains sagement posées sur ma jolie jupe, je me contente de la regarder dans les yeux, en priant de toutes mes forces d’arriver à me contenir. Chuis pas une lavette, mince, quand même !
Et enfin, je me risque à parler. Après tout, j’ai fait que ce qu’elle m’a demandé. J’avais un bon prétexte. J’ai commis… j’ai commis aucune faute ! Enfin… je crois.


-« Je pensais que c’était un bon prétexte, Diane. Je suis désolée de vous avoir mise dans une situation embarrassante. Ca me paraissait commun et aussi très important. Surtout au vu de vos nouvelles fonctions. Et après… je ne pouvais pas m’attarder. Je n’ai pas voulu être impolie. »

Comment on peut s’écraser autant, Cat’ ? Pourquoi tu peux pas lâcher ta peur ? Pourquoi être dans ce bureau, c’est si important pour toi ?
Je reprends vite, plus déterminée.


-« La prochaine fois, ce sera mieux, Diane. J’apprends vite. Vous le savez. Vous savez que ce travail me tient très à cœur. Je vous promets que j’avais réfléchi à la question. Vous verrez que je serai impeccable. Très professionnelle. »

D’ailleurs, est-ce que je ne fais pas de sacrés efforts pour être à la hauteur ? Les cours du soir, pour rattraper mon retard scolaire, toutes ces affaires, mon langage que je surveille en permanence… Il faut garder la rage. La rage, la rage de vivre !

-« Je ne vous mettrai plus jamais dans une situation délicate. J’apprends vite. Vous pouvez compter sur moi, vous le savez ! »


Les yeux plus durs, je carre ma mâchoire. Personne ne m'abattra désormais. Personne, personne! Et même pas Diane Ambrose. Non, même elle me mangera pas... elle sera un tremplin. Juste un tremplin.
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Diane Ambrose
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MessageSujet: Re: Mise au point [PV Catleen Pimas]   Mer 7 Mar 2012 - 15:20

Un jour chasse l’autre dit le proverbe, pour Diane c’est un jour après l’autre pour arriver à ses fins, son but, l’ultime. Ne jamais rien laissé au hasard, le contrôle doit être total et elle avait commencé par elle-même. Surveillant instinctivement la moindre de ses paroles, sachant parfaitement ce que ce monde attendait d’elle mais s’en servir pour obtenir ce qu’elle voulait au final. Le tact, le doigté, tout est dans la formulation, la manière d’amener les choses. On n’entendra jamais le mot « violence » pour parler de Diane, pourtant la cruauté l’entoure, l’enlace, l’habite même.

C’est cela qui l’avait rapproché de Zlatko, ce goût pour la souffrance, pour la peur, pour la destruction. Celle d’une race qui n’aurait jamais dû exister. Mais elle ne pouvait pas assouvir cette envie de dévastation et de supplice par elle-même ; non pas parce qu’elle ne le pouvait pas mais parce que le milieu auquel elle appartenait ne le lui permettait pas. Diane Ambrose, Nornir et Skaldi de Nordri n’avait pas de sang sur les mains, et surtout pas du sang ase. Elle avait des commanditaires cependant qui la régalaient de leurs exploits, lui donnaient à voir, à imaginer et durant quelques instants, elle peut entendre les cris et les suppliques des victimes. Elle ne peut pas mais elle aimerait tant….

La jeune femme s’égarait et le coup léger frappé à la porte le lui rappela. Même si elle ne répondit pas, elle savait que sa secrétaire entrerait malgré tout. Elle n’avait pas choisi cette fille au hasard. Quel chasseur choisit sa proie au hasard ? Mais Catleen aux yeux de Diane n’était pas une proie mais plutôt une disciple, du moins l’espérait-elle. Cependant le Quadra ne s’est pas fait en un jour et former une recrue demande du temps. La jeune femme le savait et avait déjà posé quelques jalons en lui proposant un poste bien au-delà des espérances de cette fille, qui ne l’oublions pas n’avait rien à voir avec la petite prude présentée aux journalistes. D’ailleurs, la sortir de ce trou à rat d’embrigadement à prostituées était un second jalon non moins négligeable et elle allait continuer.

Diane la regarde passer la porte. Tenue soignée bien qu’encore un peu trop… ordinaire pour le rôle qu’elle avait désormais. Il faudrait songer à la former au niveau de son image car même si elle est Catleen Pimas, elle représente où qu’elle soit Diane Ambrose et la Nornir n’est pas une petite chose affublée d’une jupe jaune ! Un sourire se figeait sur les lèvres de sa secrétaire et malgré toute la bonne volonté du monde, la Skaldi vit avec un certain plaisir que la peur occupait les entrailles de la jeune femme. C’était ce qu’elle voulait, ce qu’elle cherchait. Qu’on la craigne ! Qu’on ne la voit pas comme une personne que l’on peut enlever à sa guise pour obtenir des informations. Mais Catleen était impressionnable en tout cas plus que d’éventuels ases se pensant supérieurs ou du moins plus futés. Elle était plus haut maintenant assez pour être répressive à souhait, assez aussi pour pouvoir se renseigner sur les agissements de bons nombres des responsables du Quadra.

Diane prit en premier la parole. Une toute autre jeune femme que Catleen se serait sans doute confondue en excuse avant même d’être assise mais sa secrétaire restait sur la réserve, dans l’attente. La Nornir eut un léger sourire en coin, presque machiavélique. Parfaite, elle serait vraiment parfaite ou très proche de ce que Diane espérait. Mais d’abord, la tester, voir sa résistance. Les règles de la rue ne sont pas les mêmes que celle de la Haute Société. Les coups d’éclats rapportent rarement, la discrétion en revanche….

La jeune femme accuse le coup pour le retard mais ne bronche pas. Première barrière passée. Mais en était-ce vraiment une ? Même dans l’esprit de Diane ça n’y ressemblait pas. Ce qui sera important c’est la suite. Elle opta donc pour une phrase en apparence anodine qui pouvait laisser un monceau de possibilités. Là où d’autres auraient regardé leur main pour trouver une excuse plausible ou un pieux mensonge, son interlocutrice lève son regard volontaire malgré la peur lancinante vers elle. Les prunelles glacées de Diane ne bougent pas d’un pouce. Elle attend. Alors la voix de Catleen s’élève ni plaintive ni furieuse alors que les émotions déboulent dans ses pupilles. Pourquoi pas. Le masque impassible de la nouvelle Skaldi absorbe les mots, les trie, les analyse. Dans ces instants-là, elle paraissait être une statue de glace. Son surnom donné par on ne sait qui prenait alors toute sa valeur. Elle EST la Dame de Glace.

Comme lors des procès, elle écoute les arguments de la défense qui sont apparemment sincères. Oui, elle aurait à y redire mais dans l’ensemble l’introspection était bonne. Elle aurait pu se passer des promesses. Les paroles s’envolent les écrits restent et les actes y donnent forment. Mais elle n’avait pas tort cependant, elle apprenait effectivement très vite et son intervention bien que bancale n’était en soi pas un échec. Au mieux, elle avait permis à Diane de faire un test.

La secrétaire s’enhardissait au fur et à mesure, l’énergie du désespoir de celle qui pense son poste perdu ? Diane finit par hocher la tête et feuilleta un instant son courrier, remarquant au passage une lettre du haut conseil, sans doute le nom du Norne qu’elle conseillerait, ça pouvait attendre. Elle retourna ses prunelles sur Catleen, la jaugeant dans une dernière volonté de la sondez pour vérifier que sa décision était la bonne.


- Je pense en effet que tu ne me mettras plus en situation délicate. Dans l’ensemble, ton travail est bon, sérieux surtout. Je n’en suis pas mécontente. Pour ce qui est d’hier, plus de tact et de discrétion aurait les bienvenus. Me demander pour me voir à part par exemple semblait plus judicieux surtout face à un Norne tel que Kolman. Cependant l’excuse n’était pas mauvaise. Mais il est évident qu’il y a des éléments à revoir.

Elle s’arrêta pour détailler la tenue. Oui, une conseillère en images ne serait pas de trop. Maintenant, elle allait entrer dans le sujet qui l’intéressait réellement :

- Ta discrétion aura l’occasion d’être testée puisque depuis hier je ne suis plus seulement Nornir mais également Skaldi. Plus de responsabilités, je n’ai pas besoin de te faire un dessin. Mais cela signifie aussi plus de responsabilités pour toi. Alors si cela te fais peur, la porte est toute indiquée.

D’un geste sec, Diane indiqua le battant par lequel Catleen était passée quelques minutes plus tôt. Elle n’aurait aucun scrupule à la virer pour ce simple manque d’ambition. C’est un défaut que la secrétaire de la jeune femme ne pouvait se permettre. Elle lui offrait tout de même un horizon bien au-delà de ce que cette fille aurait pu espérer, elle serait stupide de le refuser.

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Catleen Pimas
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MessageSujet: Re: Mise au point [PV Catleen Pimas]   Sam 10 Mar 2012 - 17:57

Dans un coin dans ma tête, bien rangées, je note en silence les recommandations de Diane Ambrose pour ma prochaine "apparition" en public ; bien que ce soit manifestement plutôt une disparition dans le cas présent. Nullement vexée - ça me soulage un peu, de ne pas devoir revenir voir ma patronne en pleine réception comme un petit chien comme la dernière fois - je me contente d'enregistrer les infos, avec méthode, pour ne pas faire tache une nouvelle fois.

C'est drôle comme ces temps, mes facultés de mémorisation s'étendent, se décuplent, sous l'effet conjugué de la motivation et de l'entrainement journalier. Bon, évidemment, j'ai quand même mis en place un petit fichier sur mon nouveau pc avec toutes les consignes, pour si j'ai un trou, mais dans l'ensemble, j'fais pas d'bourdes.
Mais au même titre que la mémoire, c'est toute ma personnalité qui change. Au contact de cette femme, j'en viens à rêver des choses plus grandes. Plus ces visions débiles de nornes, ni les romances absurdes de chevaliers qui se disputeraient ma main ; non, plus du tout. Aujourd'hui, ils sont à la fois plus réels, plus dangereux aussi par leur difficultés et la sensation absurde d'être à portée de ma main. Mais après tout, pourquoi pas ? Pourquoi pas rêver à posséder la moitié des combats clandestins avec Kamilla, pourquoi pas rêver à la richesse, au bonheur, au pouvoir, à portée de main ? J'ai même déjà été rencontrer un pote, qui serait susceptible de m'aider dans l'entreprise. Devenir le marionnettiste, oublier d'avoir été un jour le pantin !
Rien qu'à cette pensée, c'est tout un frisson de plaisir. Rien qu'à cette pensée, la réalité prend tout son sens.

Oui, Catleen Pimas, enfin quelqu'un ! Un petit rire intérieur, je reviens à ma boss qui me parle de responsabilités nouvelles, que si j'ai la trouille, j'ai qu'à me barrer. Mais si mes rêves sont aux prix de quelques heures supplémentaires de boulot, sincèrement, j'vais pas m'en plaindre. Jamais. Et qui dit nouvelles responsabilités... dit aussi augmentation, en général. Toute droite sur mon siège, je me contente quelques instants de la regarder, elle, ses vêtements de prix, son maquillage parfait, sa mise élégante, glaçante par sa perfection. Bien sur, je ne bougerais pas. Elle le sait tout autant que moi, ça m'fait plus sourire qu'autre chose.
Elle aime la mise en scème ? J'peux toujours tenter à mon tour... comme avec les quémandeurs qui pullulent à son bureau et que je refoule tous les jours qu'Odin fait.

Lentement, je porte mes mains sur le bureau. J'ose un léger sourire. Et si mon sourire reste doux, mes yeux prennent une lueur dure, déterminée. Dans quel univers ai-je acquis cette force ? Une seconde, l'image de mon rasoir dans la salle de bain revient, mais je la chasse aussitôt. C'est mes rêves que j'veux réaliser, pas mes souvenirs glauques !
Comme d'habitude au bureau, ma voix reste pourtant douce, d'une politesse presque forcée.


- "Diane... je ne suis pas ici pour partir à la première difficulté. Vous le savez. Dites simplement ce que vous attendez de moi, et là, seulement, je pourrais vous donner mon accord, ou non. Il n'y a qu'une manière de savoir ce qu'on vaut dans la vie."

Une dure leçon. Une dure leçon, que jamais, jamais, je ne voudrais revivre. Mais j'ai tout parfaitement retenu. On ne sait jamais parfaitement les conséquences de ses actes...
Le poste à pourvoir, auquel je suis allée par hasard. Simplement par hasard... Ca a abouti à ça. Moi, Catleen, fille d'ouvriers, lycéenne manquée de peu, pute à plein temps, secrétaire d'une skaldi. Secrétaire personnelle... Avec ça, on me refusera peut-être pas mon crédit à la banque...
Mes mains se croisent sur le rebord du bureau, je bouge légèrement sur mon confortable siège. LA question est là, reste en suspens. LA question, qui m'a brûlé pendant des jours, que je dois maintenant. Je crois que c'est le moment de s'exprimer. S'exprimer devant Diane Ambrose... presque comme son égale.


- "Avant que vous ne répondiez, Diane, j'ai une question importante à vous poser. Une question que je dois vous poser... Il y a des dizaines de vanes très qualifiées pour ce poste. Des femmes qui ont de l'éducation, qui possèdent toutes les qualités que vous appréciez... alors la question est : Pourquoi moi ?"


La rage de vivre, celle qui vous tient debout, vous force à vous battre, avec toutes les armes que vous possédez. Un flingue, un sourire, votre corps, la dissociation totale entre le corps et l'esprit... des choses comme ça. Est-ce que toutes ces gentilles vanes compétentes s'en seraient-elles sorties dans les bas-fonds comme j'ai pu survivre - du moins jusqu'à la "vente" de Gaby ?


- "Vous désirez autre chose que des compétences, n'est-ce pas ? Au-delà des compétences..."

La reconnaissance, la rage de vivre, l'envie de s'en sortir. Mais ma question aurait dû être différente, en fait : à quels fins une vane "ordinaire" des beaux quartiers ne suffit-elle pas ?
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MessageSujet: Re: Mise au point [PV Catleen Pimas]   Mar 13 Mar 2012 - 2:22

Elle n’aimait pas l’utilisation de la terreur juste pour le plaisir de voir des regards effrayés poster sur elle dans une volonté de soumission. Ceux qui obtiennent l’allégeance pour la crainte sont les premiers à tomber sous les coups de ceux que l'on pensait avoir acquis à ta cause. Aussi Diane avait une autre manière de fonctionner, une autre attitude. Déjà sa froideur en imposait par elle-même et puis elle avait rarement eu besoin de personnel réellement « proche ». Les Skulds avaient leur indépendance et elle pouvait parfois le regretter étant donné la facilité avec laquelle ils laissaient des traces derrière eux alors qu’il n’était toujours pas reconnu par les autorités. Quant à Cypher Angelo, la position même de mercenaire le faisait obéir à un contrat et non à une patronne, ce qu’elle n’aurait souhaité à personne. Parfois il lui arrivait de penser que si elle trouvait un meilleur mercenaire, elle s’arrangerait pour l’éliminer, parce qu’il en savait trop et parce qu’il avait un côté tout à fait exaspérant. Mais il était une pointure et Diane avait des goûts très simples : elle se contentait du meilleur. Aussi devait-elle reconnaitre que pour le moment, hormis l’incident à Sudri qui finalement la servait mais dont la Nornir se serait fort bien passé, Catleen Pimas se débrouillait plutôt bien aussi n’avait-elle pas raison de s’en plaindre. Si on occultait évidemment ses attitudes en Haute Société, assez éloignée de ce que l’on attendait d’une fille bien née. Mais tout s’acquiert à force de volonté et d’après ce qu’elle en déduisait, la petite secrétaire n’en manquait. Et puis, après avoir vécu comme une pute, elle ne pouvait pas non plus se permettre de faire la fine bouche.

Diane la jaugea tandis que son interlocutrice se défendait et assurait de ses capacités. Quelle gamine de la Haute se serait battue pour un poste ? La réponse était simple : aucune. Elles pensaient toutes mariage et dépendance financière. Qui parlait de jeune génération ? Ah oui, cette journaliste qui pensait que les filles d’aujourd’hui veulent s’émanciper, Diane en aurait presque ri. De telles aberrations semblaient à mille lieues de ce que vivait exactement le Quadra. A la limite, la middle class féminine pensait travail pour s’élever socialement mais si jamais le mariage et l’enfant venait en ligne de compte, la Skaldi prenait volontiers les paris, si tant est qu’elle ait aimé ce genre de jeux.

Finalement, Catleen opta pour une réponse avec option théâtre qui ne fit même pas lever un sourcil à la jeune femme qui attendait simplement la décision de sa secrétaire avant d’entrer dans le vif du sujet. Elle ne réagissait pas à l’emploi de son prénom sachant qu’en public, pour l’avoir quelques fois démontrer, Catleen utilisait un « mademoiselle Ambrose » beaucoup plus approprié. Mais les chichis autour de la politesse étaient généralement plus une plaie qu’un réel avantage surtout dans une conversation entre employée et employeur. La réponse donnée ne surprit pas la Nornir qui se cala de nouveau contre le dossier de sa chaise faisant tourner aux trois quarts son fauteuil. Elle allait donc commenter du bout des lèvres l’annonce avant d’inaugurer le programme mais la secrétaire semblait se faire bavarde.

Elle s’exprimait avec un peu trop de passion au goût de Diane mais avec le temps ça passerait sans doute. Elle était jeune, mais ça n’excusait jamais un trait de caractère en tout cas aux yeux de Diane qui même jeune avait su se montrer aussi froide que déterminée et calculatrice sans jamais tomber dans la corruption. Presque un art de vivre dans les Hautes Sphère du Quadra. Elle écouta la demande de la petite secrétaire et mit un temps avant de répondre. Un temps qu’elle utilisa pour observer attentive cette fille. Pas très grosse, pas très mode, et presque banale, elle possédait quand même une espèce de petite flamme de rage. Celle de s’en sortir. Née dans la fange, on ne rêvait sans doute pas mieux qu’un poste auprès d’une personnalité influente. Alors pourquoi se poser des questions ? Et avant toutes autres choses : depuis quand demandait-on des comptes à la Nornir. Elle disposait de la manière dont elle voulait des personnes qui se présentent à elle. Ses prunelles bleues se rivèrent sur celles de Catleen et elle prononça ces quelques mots :


- Jusqu’à preuve du contraire, mademoiselle Pimas, c’est moi qui pose les questions ici. Cependant, si cela doit déterminer de votre arrêt au poste de secrétaire, je vais vous donner du grain à moudre : les compétences sont nécessaires, le caractère l’est davantage.

Diane continua de la fixer puis, après quelques minutes, elle demanda :

- Etes-vous prête à entendre ce que j’attends de vous au poste de secrétaire d’une Skaldi ?

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MessageSujet: Re: Mise au point [PV Catleen Pimas]   Sam 24 Mar 2012 - 8:22

Le monde de la Ville Haute. Le bureau de Diane Ambrose, la fête distinguée à laquelle j'ai eu l'occasion de faire irruption la veille, ces rues bien propres où le tag semble inexistant : toute une parcelle de quadra que même dans mes rêves absurdes de midinette, je n'ai jamais pu imaginer. Qui va au-delà, dans une réalité où le mensonge s'entremêle sans cesse aux propos, où d'autres règles, bien plus silencieuses, imposent un train de vie réglé. Dans un sens, ils mentent tous comme j'ai pu le faire toutes les nuits, quand j'errais encore dans la rue en tant que pute ; comme je mentais à Gabriel dans les derniers temps, alors que j'avais qu'une envie, celle de me casser très loin, loin de ses coups et de ses paroles si dures.
Ici, ils couvrent leurs paroles de sucre pour donner un gâteau empoisonné, des flèches dissimulées des fleurs - sauf ma patronne. Et c'est en partie pour ça que je la respecte finalement, parce qu'elle n'était pas comme les autres, à vous poignarder dans le dos pendant que vous croyez avoir sa confiance et son écoute. D'un seule regard, elle sait vous glacer, vous faire comprendre qu'elle n'est pas d'accord, qu'elle se battra comme une reine, avec dignité, sans ronds de jambes et fausses gracieuseté. Avec elle, je retrouve le monde plus brutal de la rue, sans qu'il y paraisse en réalité ; et on sait toujours où on en est.

Quand elle me répond, de son habituel ton froid, je n'ai pas un sourire. Une réprimande, voilà certainement tout ce que je mérite pour avoir osé poser ce genre de questions ; mais j'ai toujours été comme ça. Trop bavarde, trop impulsive. Ici, faudra vraiment faire gaffe à l'avenir... C'est vraiment trop important, ce job.
Toute droite sur mon siège, je distingue cette petite flamme d'autorité dans ses yeux - elle aime contrôler les gens. Sans doute qu'elle y est habituée depuis son enfance, mais elle prend un grand plaisir à rappeler qui est la patronne, ici, d'une simple remarque acerbe, qu'elle assortie banalement d'un silence. L'arrêt du poste de secrétaire. La menace est clairement compréhensible, mais si elle croit me faire plier par ces simples mots, j'ai qu'un truc à dire : elle se goure. Ouais, il en faut plus pour effrayer Catleen Pimas, ça j'vous l'dit ! Surtout quand on sait qu'il est possible que je me mette à gagner des fortunes, moi aussi....

Alors, pour montrer que j'ai compris, je hoche la tête, en respectant son silence. Puis les minutes s'égrènent, pour me laisser certainement le temps de partir du bureau. Mais c'est pas une fille qui s'est fait tabasser plus qu'il n'en faut à quelqu'un pour me foutre la trouille d'un silence. Elle veut pas me virer, sinon elle l'aurait déjà fait, et je veux ce poste. Même avec pleins de responsabilités, surtout avec ces responsabilités ! Pour la toute première fois depuis que je suis sortie du lycée, on me fait confiance. On compte sur mes capacités...

Dans un certain sens, c'est vraiment dur de garder son visage impassible, de pas se mettre à sourire connement ; et quand elle reprend enfin la parole de sa belle voix impériale, je ne peux pas m'empêcher de me recaler dans mon siège, pour garder contenance, avant de répondre de ma voix "professionnelle" :


- "Oui, Diane. Je suis toute ouïe."

La seule remarque intelligente et prouvant ma culture qui me vient à l'esprit... Il était évident que je ne peux de toute façon pas reculer. Apprendre, et vite, là était la seule solution pour s'en sortir chez la nouvelle Skaldi. Mais l'argent ne serait bientôt plus un vrai problème... ce qui réglait déjà une partie de la question. Après le lycée en cours du soir, j'entrerais cette fois à l'université. Et je les mangerais tous, alors !

[Désolée pour la longueur ^^']
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Diane Ambrose
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MessageSujet: Re: Mise au point [PV Catleen Pimas]   Dim 25 Mar 2012 - 0:23

Elle avait réfléchi mais un bref instant seulement. Une question de confiance, voilà ce que devait être la relation entre une Skaldi et sa secrétaire. Mais il faut savoir l’utiliser habilement. C’est pourquoi, avant même de lui proposer ce qu’elle avait comme idées pour la suite des événements, elle avait décidé de la mettre à l’épreuve une nouvelle fois. Pas de pitié, le Quadra ne lui laisse pas de place à ce genre de sentiment. Mais la petite avait de la ressource et même si face aux médias, Diane s’était arrangé pour réduire les faits et surtout avait quelque peu modifié certains points en omettant le passif de prostituée de sa secrétaire.

Elle aurait pu garder la vérité et avoir recueilli une pauvre brebis égarée de la basse ville aurait sans doute eu de bons retours pour elle mais d’un autre côté la question des éventuels clients de Catleen aurait pu se poser et provoquer quelques problèmes en prime. Or, même Diane s’interrogeait à ce sujet et avait chargé un enquêteur de lui apporter des réponses sur les clients de sa secrétaire. Elle le ferait sans doute tuer par la suite, il en savait déjà trop sur celle qu’elle employait. Cypher fera sans doute l’affaire bien que la Nornir s’interrogeait également de plus en plus son sujet. La paranoïa de Dylan déteindrait-elle sur elle ? Peut-être mais apparemment, la prudence était le lot des plus grands du Quadra.

Catleen eut l’air de comprendre que Diane n’accepterait pas de nouvelles questions de sa part. Sa place était d’être celle qui écoutait, fouinait, écoutait. Même si elle l’ignorait encore. Pour le moment, sa secrétaire n’avait eu que des tâches simples à faire, évincer ou trier des avocats, apporter le courrier et le café, bref rien de transcendant. Son test avait donc eu lieu la veille car la nouvelle Skaldi ne demande jamais rien au hasard. Sa présence dans une salle peuplée par les mondains du Quadra était passée inaperçue ce qui était une bonne chose même si on pouvait penser le contraire. Elle était parvenue à se fondre dans le décor bien que son intervention aurait mérité plus de discrétion. Mais Diane était sans doute trop gourmande. D’un autre côté, il fallait que les choses aillent vite parce qu’à présent, la Dame de Glace ne pouvait pas se permettre un faux pas. Elle n’avait jamais pu d’ailleurs.

Même si elle se tait, Catleen Pimas couve quelque chose, une envie secrète, une volonté inconnue qui bien qu’elle tente de le cacher, ses yeux la trahissaient. Il fallait trouver un moyen de s’en servir. D’après ses sources, Diane avait cru comprendre qu’elle continuait de fréquenter de temps à autre la basse ville. Aurait-elle des regrets ? Ou aurait-elle commis l’idiotie de tomber amoureuse d’un de ses anciens clients ? Ni l’un ni l’autre, la Nornir espérait plutôt que sa secrétaire était simplement en train de faire son deuil mais elle ne rappellerait pas ses espions pour autant. Elle avait besoin de savoir… savoir pour mieux contrôler….

D’une voix qu’elle voulait sans doute professionnelle, Catleen annonça qu’elle était d’accord mais Diane n’en attendait pas moins et s’était déjà préparée à cette réponse, bien avant la question posée par sa secrétaire. Elle savait même où aller et quels chemins prendre mais cette espèce d’accord signait le début d’une conversation réellement sérieuse. La demoiselle Ambrose joignit ses mains, posa ses coudes sur le bureau et son manteau sur son poing.


- Alors arrêtons de tergiverser. Il s’agit de parler de tes nouvelles responsabilités. Tu es sans doute déjà arrivé à cette conclusion également. Ton passage à la soirée hier m’a permis de savoir si oui ou non tu pouvais avoir une place dans le monde de la haute ville. Apparemment, hormis le Norne Kolman, dont je fais mon affaire, tu n’as attiré l’attention d’aucun et c’est ce que je te demande.

C’était une entrée en matière. Elle l’autorisera sans doute à poser des questions une fois qu’elle en aura fini avec la présentation de cette histoire, pourtant, elle pensait la jeune secrétaire assez intelligente pour tirer ses propres conclusions toute seule mais Diane voulait être claire.

- Ton travail ne se limitera donc plus aux simples horaires de bureaux que tu as actuellement. Tu devras m’accompagner dans les soirées mondaines que je n’affectionne pas outre mesure.

Ce qui signifiait que Diane serait d’une humeur massacrante ces jours-là et que sa secrétaire en subirait sans doute les tristes conséquences.

- Lors de ces soirées, ou quelques que soient mes déplacements, tu seras mes yeux et mes oreilles et il ne s’agira pas de prendre des notes en cachette, ton cerveau sera ton bloc note et n’essaie pas de me faire croire que cela te sera difficile, je suis certaine que tu as une bonne mémoire.

De toute façon, la question ne se pose pas. Elle demande un point c’est tout !

- Tu auras sans doute d’autres appels concernant le Quadra, et des demandes des Nornes mêmes. Il faudra alors un secret professionnel à toutes épreuves. Bien évidemment, mon nouveau poste combiné à celui de Nornir que je conserve signifie plus de travail aussi pour toi. Aussi je compte t’accorder une soirée de libre par semaine, plus les semaines calmes jamais moins. Les employés aussi on le droit à un peu de repos. Evidemment, les semaines chargées, tu ne choisiras pas la soirée qui sera dégagée.

C’était clair. En tout cas aux yeux de Diane ça l’était. Mais Catleen pouvait avoir le droit à certaines questions, à condition que la Nornir la trouve pertinente.

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MessageSujet: Re: Mise au point [PV Catleen Pimas]   Ven 6 Avr 2012 - 13:07

Silencieuse, très droite sur ma chaise, j'observe ma patronne qui parle, sûre de son importance, sûre de ses prérogatives, de ce qu'elle attends désormais de moi, sa secrétaire personnelle. Étrange comme ma vie a été complètement balayée, renversée, de fond en comble. Parce que si j'me cantonais aux p'tites frappes de la rue, c'était bien parce que Gabriel me pensait pas capable de me confronter au beau monde des Hauts-Quartiers ; et maintenant, c'est Diane Ambrose en personne qui m'demande de faire ce boulot-là.

Sans m'autoriser à arborer le sourire de contentement profond que m'occasionne ses dires, je continue d'écouter ce que me raconte la skaldi. Avant de se réjouir, il s'agit d'être prudente, n'est-ce pas ? On l'est jamais assez dans notre putain d'monde, et plus encore avec les politiciens. Et même si j'ai confiance en mon interlocutrice - bien obligée après qu'elle ait engagé Cypher Angelo pour me récupérer - j'ai, depuis ce qu'il s'est passé, comme un arrière-goût de terreur à me faire entourlouper une deuxième fois. Enfin, objectivement, je vois pas bien s'que je pourrais faire, même si je me fais enfler... c'est elle qui pose les règles du jeu. Parce qu'à moins de vouloir revenir dans la rue, j'ai sincèrement qu'à m'écraser, un point c'est tout.

Sa voix, harmonieuse et égale, continue de débiter ses instructions, alors que je hoche docilement une tête soudainement en ébullition.


- Lors de ces soirées, ou quelques que soient mes déplacements, tu seras mes yeux et mes oreilles et il ne s’agira pas de prendre des notes en cachette, ton cerveau sera ton bloc note et n’essaie pas de me faire croire que cela te sera difficile, je suis certaine que tu as une bonne mémoire.

Bah merde alors ! J'essaie de rester impassible, en figeant un peu mes traits. Mais je suis si surprise - je veux dire, pas qu'elle ait une idée derrière la tête en m'invitant à ses petites sauteries raffinées, mais me prendre comme espionne, faut avouer que c'est original. Ça prouve au moins qu'elle a confiance en moi ... et que je vais avoir un sacré boulot pour tout retenir. Une foule de questions arrivent tout de suite à mes lèvres, mais bien m'en prend de rien dire, parce qu'elle m'attend pas pour continuer. C'est sans doute mieux comme ça... C'est elle, la femme politique, ici. Et ma boss.


- Tu auras sans doute d’autres appels concernant le Quadra, et des demandes des Nornes mêmes. Il faudra alors un secret professionnel à toutes épreuves. Bien évidemment, mon nouveau poste combiné à celui de Nornir que je conserve signifie plus de travail aussi pour toi. Aussi je compte t’accorder une soirée de libre par semaine, plus les semaines calmes jamais moins. Les employés aussi on le droit à un peu de repos. Évidemment, les semaines chargées, tu ne choisiras pas la soirée qui sera dégagée.


J'avale discrètement ma salive. Des appels concernant le quadra ? Des demandes des nornes, en personne ?! Et concernant quoi, bon sang d'Odin ? Plus de travail, ça au moins, c'était prévisible, il faudra s'débrouiller pour voir Skeet autrement. Il va être si fier de moi... et ses potes aussi... D'avance, je m'en réjouis tellement, ça me donne du courage pour parler. Bah oui, j'en ai pleins, moi, des questions ! Mais faut pas parler sans réfléchir. Poser les questions essentielles, se surveiller... comme toujours.

Comment une simple petite pute peut-elle être assez qualifiée pour occuper ce poste ? L'ampleur de la tâche parait soudain presque terrifiante. Comment, comment je vais faire pour m'en sortir ?!

Je ravale ma salive, encore une fois. Les doutes, il faut les mettre au placard, charmer, caressante, se montrer intelligente, astucieuse. Appliquer ce que j'ai appris dans la rue et à l'école. Combiner les deux, devenir... sa secrétaire, pour de vrai. Plus jouer à l'être. Bon... procéder par ordre... Plus calmement, j'ordonne mes pensées. La plus prioritaire d'abord.


- "Je vous remercie de la confiance que vous me portez, Diane. C'est sur que je garderai vos secrets... je ne sais que trop ce que je vous dois. Et c'est incroyable d'avoir ce que vous m'offrez, alors, bien sur que je m'en montrerai digne !"

A nouveau, mi-tic nerveux, mi-excitation, je croise, et je décroise mes genoux, dont les cuisses frottent sur mes blessures. Idiote.

- "Ceci dit, j'ai quelques questions à vous poser sur ce que vous attendez de moi avec précision. Pour faire au mieux mon travail et être digne de votre exemple... Je voudrais savoir : dans les réceptions, il me sera plus facile de discuter et de tirer les vers du nez des gens pour avoir plus d'informations qu'en me fondant totalement dans la masse. Surtout les hommes, ils font pas souvent attention aux jeunes filles écervelées et béates d'admiration, sauf pour les bai... enfin, les amener dans leur lit. Ils pourraient se laisser plus aller. Enfin, si je leur parle, j'aurai plus d'infos qu'en écoutant simplement. Ça servirait mieux vos intérêts. Enfin... c'est comme ça qu'je faisais, avec mon mac. Il m'envoyait et j'essayais de les faire un peu parler. Sinon, les informations sur le quadra qu'on va demander, ou si un norme appelle, je vous le passerai immédiatement, je suppose ? Bien sur, je me mettrai au courant de tout ce qui se passe, mais, enfin, je suppose que c'est pas à moi de parler à un norne. Il se sentirait insulté !"

Une seconde de pause, pendant que mon regard se pose sur une des enveloppes laissées sur le bureau.

- "D'ailleurs, qui est le norne que vous allez conseiller ?"
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MessageSujet: Re: Mise au point [PV Catleen Pimas]   Dim 8 Avr 2012 - 15:42

Les états d’âme ne faisaient pas partie de ses aptitudes. Pas le temps de s’embarrasser avec ça. Et ceux de sa secrétaire d’autant plus. Quand elle arrivait au bureau, elle devait laisser ses valises personnelles à la porte. Ses souvenirs, son passé, ceux qu’elle voyait en dehors du C.O.S. , si elle se levait du pied gauche le matin : tout ça Diane n’en avait que faire. Ce qu’elle voulait, cherchait et obtiendrait c’est une secrétaire entièrement dévouée à son travail et ce dernier consistait à suivre ses ordres et surtout lui faciliter la répartition des tâches à accomplir dans la journée et celles en prévision pour les semaines voire les mois à venir. Diane ne visait pas encore les années mais ça viendrait sans doute.

Après une remise en place des règles, qui apparemment semblait de de rigueur, la nouvelle Skaldi reprit la parole pour exposer ce qu’elle attendait à présent de Catleen Pimas. La question de la confiance se posait évidemment mais Diane avait eu vite fait de la balayer, la décision à ce sujet avait été prise lors de l’embauche déjà. En somme, presque pas la peine d’y revenir mais la jeune femme aimait mettre ses interlocuteurs en posture d’écoute. En position de faiblesse aussi. Quoi de mieux qu’une piqûre de rappel pour s’assurer de l’attention. Maintenant, elle pouvait formuler clairement ce qu’elle souhaitait et ce qu’elle prévoyait de la part de sa secrétaire. Docile, celle-ci hochait la tête avec un certain intérêt, ce que Diane souhaitait au final.

Les émotions qui la traversaient restaient très visibles sur les traits de son interlocutrice même si elle semblait vouloir les cacher. Elle paraissait également submergée par les questions qui menaçaient à tout moment de sortir. La Nornir aurait pu le prévoir mais elle n’en avait cure. Elle irait au bout de la demande et ne s’arrêterait dans sa lancée pour laisser sa secrétaire s’exprimer. A Catleen de les garder en tête jusqu’à ce que les nouvelles bases de travail soient annoncées. Et il fallait penser à tout. D’une part, au niveau de l’apparence pour que la jeune fille de Nordri ressemble plus à une Vane de la Haute Ville qu’à la petite pute mal dans sa peau sauvée par un mystérieux mercenaire. D’autre part, au niveau des qualités attendues : répondre au téléphone et bloquer les avocats insistants ne suffira assurément plus. A cela, il fallait ajouter le rôle à tenir dans les soirées mondaines et ne plus compter ses heures. Mais cette fille les comptait-elle quand il s’agissait de se mettre sur le dos pour gagner quelques wyrds qu’elle reversait sans doute pour une bonne partie à celui qui avait été son mac ?

Diane formulait chacune de ses demandes et voyait sa secrétaire noter mentalement le nombre des changements à opérer. Tant mieux. Plus vite elle comprenait, plus vite elle se mettrait à agir en conséquence et finalement, pour le moment, la Nornir n’en souhaitait pas vraiment plus. Il fallait quand même qu’elle revoit sa garde robe parce qu’il y a des accords qui sont un crime pour les yeux. Certaines femmes n’auraient sans aucun doute pas manqué de porter plainte contre leur styliste pour avoir revêtu ce genre de vêtements.

A peine sa dernière phrase achevée, sa secrétaire accusa le coup mais elle se débrouilla bien vite pour redresser les épaules alors que Diane se calait dans son fauteuil en feuilletant son carnet d’adresse pour y dénicher la perle rare qu’il allait falloir à Catleen. L’apparence se devait d’être en accord sans être ostentatoire. Sa mère le lui avait toujours montré, elle devait bien le reconnaitre mais la demoiselle Ambrose se savait d’une inspiration innée en matière de mode. C’était sans « costumière » qu’elle parvenait à trouver les tenues adéquates, mais sa secrétaire qui quelque part la représentait avait besoin d’une aide indéniable.

Son interlocutrice prit alors la parole avec une pointe d’appréhension dans la voix, qui passa bien sûr au-dessus de Diane. Elle semblait pourtant avoir mûrement réfléchi aux mots à employer ce qui signifiait qu’elle était sans doute en progrès. La nouvelle Skaldi releva un œil brièvement intéressé, mais attentif à ce qui allait suivre et elle ne put s’empêcher de rétorquer :


- Ne me remercie pas mais en effet, garde pour toi les secrets et les informations qui circuleront par mon bureau. Dans le cas contraire, ce sera défavorable pour moi, mais surtout pour toi. Crois-moi.

Oui, c’était une menace à peine voilée mais Diane se montrerait intransigeante en cas de révélations malvenues ou même plus grave encore, d’échecs dus à la stupidité d’une secrétaire. Mais après ces quelques mots, elle la laissa reprendre, plaçant un marque-page dans le calepin qu’elle tenait et s’adossant nonchalamment au dossier de son fauteuil. Catleen était encore naïve sans toutefois l’être trop. Et la jeune femme songea qu’elle avait bien compris son rôle général dans les soirées, en revanche, elle n’avait pas la même vision des choses. Quoique partiellement, c’était le cas. Diane la laissa finir avant d’objecter :

- Les codes entre Basse Ville et Haute Ville sont à la base les mêmes mais avec quelques variantes. Inutile je pense alors de te préciser que je ne suis pas ton mac et que te pousser dans le lit pour d’éventuels intérêts n’est pas dans mes projets. Je ne rejette pas l’idée cependant. Laisse-moi éclaircir les choses à ce niveau. Dans les réceptions, elles existent déjà ces petites oies blanches béates et grotesques qui se pavanent devant les hommes aux titres ronflants mais elles, elles guettent la bague au doigt pas l’information. C’est pourquoi j’insiste sur le côté discrétion. Cela soit dit, si tu penses avoir débusqué un idiot capable de faire des confidences sur l’oreiller pourquoi pas mais tu devras en faire une relation disons sérieuse, dîner, spectacles sur une durée équivalente à un début de relation. Je ne veux pas d’une secrétaire à la jambe légère qui agit comme une pute des bas-fonds avec un goût de reviens-y. Je suis claire ?

Elle l’espérait en tout cas. Car la réputation de sa secrétaire l’engageait elle aussi et elle avait bien trop soignée son image pour qu’une Catleen Pimas ne lui sape tout le travail. En revanche, elle reconnaissait que l’idée de quelques confidences obtenue sur l’oreiller pouvait s’avérer bénéfiques pour certaines affaires.

- Pour ce qui est des appels de Nornes, il est bien évident que vous me les passer directement. Je pensais plutôt aux demandes concernant la Nornir que je reste. Quand à qui je vais conseiller : il s’agira des trois Nornes sans distinction. D’autres questions ?

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Dernière édition par Diane Ambrose le Sam 13 Avr 2013 - 17:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mise au point [PV Catleen Pimas]   Jeu 7 Fév 2013 - 10:58

Une expiration. Une inspiration... Assise maintenant bien droite sur ma chaise confortable, je contrôle ma respiration, en partie pour contenir mon excitation. Il était déjà évident que ma patronne était ambitieuse, intelligente et - avouons-le - un peu effrayante, à la manière des requins dans la Ville Basse. Sa remarque sur ma capacité à garder les secrets est tout à fait éloquente. Faut pas qu'j'ouvre ma gueule, c'est plutôt logique, et les conséquences seraient déplaisantes. Elle a les moyens et le tempérament - c'est pas moi qui suis surprise de ce genre de comportement. Mais elle n'est pas que ça : elle est du genre à aimer contrôler tout ce qui se passe, calculer comment allaient jouer leur prochain coup, parier sur des coups de poker.

Et là, je suis en terrain connu. Bien sur, sachant cela, je suis presque surprise qu'elle ait un vague sens moral ; mais c'est une fille des beaux quartiers et c'est tout dans son intérêt que de pas me faire coucher à droite et à gauche. Les règles sont différentes dans la Ville Haute, et bon, même si je suis plus à ça près, c'est agréable de se dire que le passé s'éloigne un peu plus à chaque minute. Désormais, j'ai une image à tenir, une réputation à soigner. Une peau neuve, une vie toute neuve... C'est plus le moment d'hésiter, d'avoir des appréhensions, des doutes. Croque la vie à pleines dents, Cat' !

Rien que cette réflexion me remonte le moral. Je vais pas perdre mon boulot. Je me suis pas faites engueuler pour hier soir. Tout est bien ; il suffit de poser les bonnes questions, et d'imiter pour le reste l'attitude de Diane Ambrose, même si c'est plus facile à dire qu'à faire.
Alors je hoche la tête sans un mot, le regard tranquille, le visage lisse, en esquissant un petit sourire qui, j'espère, ne fait pas complètement déplacé. Je pose mes bras sur le bureau, histoire de prendre - comment ils appellent ça ? - de la place psychologique. Les tremblements ont disparus, laissant la place à un plus grand calme de ma part. En réalité, j'ai pas posé la bonne remarque à propos des soirées. Qu'est-ce qui est le plus
important ?

Évidemment, c'était la question du fond, du contenu. A quoi faut-il ouvrir les yeux ?


- "Oui, Diane, très claire. Et en effet, j'ai quelques questions."


Ma voix est déjà plus ferme, maintenant que j'ai réalisé que j'étais presque en terrain connu. Peut-être même que je pourrais un jour renverser la vapeur ? Devenir un jour, moi aussi, une femme puissante, respectée, à qui sa secrétaire resterait pendue à ses lèvres en attente de réponses ? ... Faut peut-être pas trop rêver. Mais moi qui en était à ne presque plus rien espérer, je me met à rêver d'avoir de l'ambition... à devenir une vraie gagnante. Même s'il me reste beaucoup, beaucoup de choses à apprendre avant d'en arriver là.

- "Tout d'abord, j'aimerai en revenir aux réceptions. Je ne salirai pas ma réputation, ni la vôtre. Mais pour vous rapporter ce que j'ai entendu, j'ai besoin que vous me disiez ce qui est important à vos yeux. Ce que les autres pensent de vous ? Leurs intentions, leurs projets politiques ? Leurs véritables intentions à votre égard ? Il y a beaucoup de choses qui se disent quand on a un peu bu, même si je ne doute pas que tout ce beau monde sait bien se tenir, surtout en public. Et si je dois essayer de les faire un peu parler, il faut que je sache de quoi, précisément. Surtout si je veux pouvoir être subtile, puisque c'est impératif."


D'un geste que j'essaie de rendre posé, j'étale un peu les doigts sur le bureau. Bien à plat, sagement. Les épaules droites. Quelle importance de ne pas compter ses heures quand je sais que je vais les passer à boire du champagne en robe de soirée ! A nouveau, je respire calmement, histoire de ne pas me laisser emporter par mon excitation. Il allait vraiment falloir que j'arrive à dompter mes émotions, mes stupides émotions... !

- "J'ai une deuxième question... par rapport à votre nouveau travail de Skaldi. A part les réceptions et les coups de fils en plus, y aura d'autres chose que je devrais gérer ? Compte-rendu de réunion, ce genre de trucs ?" "

Même si mes blessures récentes frottent contre ma jupe et que mon cœur bat à tout rompre, je ne me suis jamais sentie aussi bien. J'vais avoir du boulot par dessus la tête... Et en fait, ça me donne un curieux sentiment de satisfaction.

Au moins, je me remettrai à dormir naturellement le soir.
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Diane Ambrose
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MessageSujet: Re: Mise au point [PV Catleen Pimas]   Sam 13 Avr 2013 - 18:45

Les paroles de Diane avaient fait au fur et à mesure leur chemin et la jeune femme s’en rendait compte quand, minute après minute, la posture de sa future secrétaire se grandissait. Elle aurait pu avoir un sourire supérieur en cet instant mais rien ne traversa son masque glacial. C’était donc ainsi que l’on voyait la Basse Ville se redresser pour croire en des rêves de Haute Ville. Intéressant mais pas au point de s’y attarder. D’un œil seulement, elle découvrait les réactions progressives de mademoiselle Pimas et de l’autre, elle furetait dans sa liste de contact en se disant que la mettre en relation avec le chef des médias serait sans doute le choix le plus judicieux. Dylan connaissait ce qu’elle attendait et avait un certain don pour mettre en lumière ce qui devait l’être. Ça leur donnerait par la même occasion l’opportunité d’évoquer les Six et leurs éventuels plans.

Cette décision prise, Diane se cala de nouveau dans son fauteuil après avoir reposé le carnet en question. Elle ne s’était pas trompée, au vu des questions et du changement de posture de Catleen Pimas, cette fille fera une parfaite secrétaire pour la nouvelle Skaldi qu’elle devenait. Elle prenait conscience, facilement conscience de ce que sous-entendait son poste et ses interrogations prouvaient qu’elle comptait bien remplir ses devoirs le mieux possible. Les cartes ne seraient qu’encore meilleures.

Elle tente de gagner sur la place du bureau en y plaçant ses bras. Le regard d’aigle de Diane s’y pose presque dans l’instant. Qu’elle ne prenne pas ses aises trop vite non plus. Ce genre d’attitude dans les réceptions de la ville Haute pourrait bien devenir dérangeant et ne correspondait à ce qu’elle attendait quand elle évoquait la discrétion. La jeune Skaldi cependant sentait dans toute la posture de son interlocutrice perler l’excitation et elle jugea cela bien dangereux. Il faudra recaler les choses. Toutes autres personnes qu’elle aurait trouvé cela charmant voire normal. Mais le contrôle était la clé de tout et ceci n’était pas admissible.

D’un geste, Diane lui signifia qu’elle ne tolérait pas cette avancée sur son domaine, sa propriété, son bureau et la jeune fille face à elle recula jusqu’aux mains qu’elle étala posément sans fébrilité. Voilà qui était mieux et bien plus correct. La demoiselle Ambrose accorda une attention méritée aux paroles de la jeune femme. Celle-ci lui prouva que malgré l’anxiété dont elle avait fait preuve et son manque évident pour garder ses émotions pour elle, cette dernière avait quand même écouté les recommandations et les attentes présentées bien plus tôt.

Le dernier mot achevé, Diane s’avança de nouveau, les bras fermement croisés sur le devant de son bureau, le buste en avant et le regard rivé à celui de Catleen. Elle voulait être certaine de bien se faire comprendre, même si elle n’en doutait pas.


- Je pense bien que vous savez où se trouve votre intérêt et agirez en conséquence pour ne pas le perdre. Je crois que vous avez globalement bien compris ce que j’attends de vous. Pour ce qui est des réceptions et de ce que vous devrez y percevoir, il est évident que ce que l’on pense de moi m’est égal. En revanche, les véritables opinions de certaines personnes dont je parlerais ou ce qu’elles pensent obtenir de moi, voilà qui a son intérêt. Il me semble que vous avez bien compris qu’avoir un coup d’avance est toujours une chose importante.

La Nornir n’avait pas besoin de s’étaler à ce sujet qui était on ne peut plus clair à ses yeux. Elle devinait aisément les attentions de serpents ou autres reptiles dans le monde qu’elle côtoyait au quotidien, mais avoir des certitudes donnaient toujours un poids en plus et rarement négligeable et aucun doute sur le fait que la jeune femme qu’elle prenait comme secrétaire saurait très bien saisir l’importance de certains faits. Les noms seraient évidemment connus avant les réceptions.

Elle balaya d’une main la seconde question posée par Catleen. Ces interrogations avaient-elles lieu d’être. Comment imaginait-elle que les choses fonctionnaient chez les secrétaires d’autres bureaux. Aussi, la jeune femme se contenta de faire suivre son geste par quelques mots, sobres et tranchants :


- Cela va de soi.

Puis, Diane saisit un dossier qui surmontait une petite pile, l’ouvrit, parcourut les premières lignes puis releva la tête :

- Vous pouvez retourner à votre poste.

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Mise au point [PV Catleen Pimas]

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