Walhalla

« We live like caged beasts waiting for the day to let the rage free. »
 
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 Penny Robinson

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Penelope Robinson
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MessageSujet: Penny Robinson   Lun 9 Avr 2012 - 0:38

L ' I D E N T I T E



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(c)some1

    NOM : Robinson
    PRENOM : Penelope « Penny »
    AGE : 23 ans
    RACE : Vane
    EMPLOI : Sans emploi fixe pour le moment
    LOCALISATION : Nordri & Westri
    Etat face au Virus : Porteuse saine.


L ' E S S E N C E



A L L U R E - G E N E R A L E

    « I enjoy moonlit nights, long walks on the beach, knitting and unicorns. In fact I once took a seaside stroll on a moonlit night and discovered a unicorn, which I stabbed in the throat with a crochet needle. I'm a woman of simple, yet refined tastes »

    Penny est l’une de ces filles qui peut tout porter. Non pas par amour de la mode, même si l’idée de posséder de jolies choses est plaisante et qu’elle en a les moyens. Plutôt car elle sait que l’être humain ne se confie qu’à son miroir. Et dans un monde d’apparence, les codes vestimentaires sont de première importance.
    Dépendant de son auditoire, elle peut donc revêtir mille masques, et le moindre accessoire devient un calcule.

    A l’homme important et marié elle se présentera en tailleur classique, dans une palette de beiges marmoréens ou d’anthracite, ses cheveux lisses noués d’un chignon sévère et son petit nez fin paré d’une paire de lunette studieuse. Pour l’homme riche et célibataire, elle conviendra de la quantité de tissu à porter en fonction de l’intensité de sa libido, tout comme elle règle la taille de ses talons hauts en fonction de la taille de son interlocuteur.
    Tout se mesure et tout se quantifie. Plus encore : tout s’achète. Le respect des gens par la même occasion. Penny fera donc systématiquement en sorte de devenir celle ou celui à qui elle s’adresse, dans le style, mais aussi dans l’attitude.
    C’est de la manipulation bien sûr, mais pas uniquement. Elle agit aussi comme ça pour mieux comprendre, appréhender, sentir et saisir l’univers dans le quel elle pénètre, l’esprit de celui qu’elle sonde.

    Et puis viennent ces moments où elle est seule et où personne n’est là pour juger, les moments aussi où elle estime ne rien avoir à prouver, où son intérêt est ailleurs.
    Dans ces cas là, si on lui demande ce qu’elle porte, elle répondra « des vêtements ». Du tissu qui a, par chance, la même forme que son corps, et qu’elle assemble sans trop se soucier de la moindre concordance ou de la moindre tendance. Pas le temps.
    Pas le temps non plus de se coiffer, ou de se maquiller, ou de nouer ses lacets. De calcules pragmatiques elle passe à négligence totale.
    Par chance, le négligé, c’est indémodable.



C A R A C T E R E

    « A Girl with a fork in a world of soupe »

    Durant ses classes, Penny reçoit un jour l’un de ces stupides devoirs de rédaction dont l’intitulé est le suivant « Résume-toi en 200 mots ». Il s’agit bien sûr de se décrire avec de belles phrases et d’ébaucher les grandes lignes de son caractère, en choisissant quelques adjectifs bien placés pour faire plaisir a son professeur particulier. Le lendemain, Penny revient avec 8 pages. Recto verso. C’est une liste numérotée de 200 adjectifs, 25 par pages, suivis de leur définition -et qui selon elle, la décrivent le mieux.
    Ses points sont médiocres, pourtant elle a suivi l’énoncé à la lettre… Trop à la lettre.
    Plus encore que les 200 adjectifs choisis à l’époque, c’est sa manière de répondre à ce devoir qui la décrit le mieux.
    « Be specific, or shut the fuck up » c’est sa loi numéro 1, et des lois de ce genre elle en a des tas.

    Aujourd’hui, si quelqu’un demandait à Penny de se résumer, elle répondrait que les grands esprits de ce monde postulent que la personnalité d’un individu s’établi selon trois facteurs distincts : le facteur héréditaire, le facteur environnemental et le facteur motivationnel dépendant de la volonté de l’individu.
    Elle ajouterait que c’est vraiment d’la merde comme postula. Du moins pour les gens intelligents !
    Personne ne pourrait jamais lui faire gober qu’elle n’est autre qu’un « résultat », une combinaison hasardeuse de facteurs abstraits. Penny se construit elle-même, sans l’aide de personne, avec cette détermination acharnée de ceux qui pratique la désintégration positive et systématique. Elle se supplante sans cesse et cherche toujours plus loin. « Pourquoi je dis ce que je dis, pourquoi je fais ce que je fais ? »
    Elle s’observe à la loupe et c’est aussi comme ça qu’elle observe le monde et surtout, qu’elle observe les gens.
    C’est une spectatrice dans l’âme, qui emmagasine, engrange les données, analyse, distille, transcende les informations bien proprement, par ordre alphabétique, et qui ponctue chacune de ses pensées d’un point d’interrogation.

    Elle pousse le perfectionnisme à son paroxysme, et le double d’une lucidité cynique et désenchantée, qu’elle ponctue ça et là d’un humour décalé, imagé, parfois morbide, mais jamais sans ébaucher l’ombre d’un sourire qui ne soit pas feint.
    Sa ténacité tient plutôt de l’obsession, et sa curiosité du syndrome. L’énergie colossale qu’elle déploie pour satisfaire toutes ses lubies intellectuelles suffirait à alimenter le Quadra entier en électricité pour le siècle à venir.

    La vérité c’est surtout que l’ennui la talonne où qu’elle aille et quoi qu’elle fasse. Le monde entier lui parait d’une stupidité affligeante et mystérieuse qu’elle s’échine à comprendre. Peut-être, et même sûrement, parce qu’elle ne perçoit pas le monde avec le bon organe. Son cerveau glouton et disproportionné la contrôle et ne laisse finalement au cœur qu’un rôle strictement fonctionnel. Sa morale en acier n’est donc accompagnée d’aucune douceur, d’aucune tendresse, et la pitié est pour elle un concept complètement surestimé. Elle-même a parfaitement conscience de son propre comportement et ne sait pas encore comment fonctionner autrement. Elle se donne parfois l’impression d’être un robot. Un petit robot mignon, avec de très beaux cheveux, mais particulièrement névrosé, susceptible, insomniaque, avec des TOC et aucun vrai ami.

    Ses doutes, ses angoisses, elle ne les partage avec personne et puisqu’il lui est impossible de se mentir à elle-même, Penny s’assume, s’affirme. Certainement beaucoup trop. Elle cherche sans arrêt à confronter ses peurs et fait systématiquement les choix les plus risqués et les plus dangereux, juste pour ressentir le Grand Frisson. Ou pour ressentir tout court, c’est bien aussi.

    En résumé, et en moins de 200 mots : Penny se sent comme un titan surdimensionné et tout puissant coincé dans un corps de 160 cm et de 45 kilos.



H I S T O I R E

    « I hear you say ‘Why?’ Always ‘Why?’ You see things, and you say ‘Why?’ But I dream things that never were, and I say ‘Why not?’ »

    Je n’ai pas toujours été une pétasse. Ca s’est fait progressivement.

    J’ai commencé comme tout le monde, avec le nez collé au tableau. Mais comme la vie est peinte par un impressionniste sous alpha, je me suis vue dans l’obligation de prendre un peu de recule pour y voir plus clair. Et je me suis rendue compte qu’au milieu de toutes ces petites chiures de couleurs se trouvait une forme. Une forme qui appartenait à quelque chose de plus grand qui me laissait perplexe et que je n’arrivais pas à comprendre. Alors j’ai pris un peu plus de recule encore, pour voir l’image dans son entièreté. C’était beau. Mais c’est là que je me suis aperçue que le tableau en question n’était pas tout seul. Il y en avait un autre à côté. Alors j’ai continué de reculer. J’ai compris qu’en fait j’étais carrément dans une galerie d’art, avec un nombre infini de croûtes suspendues au mur. J’ai voulu les voir toutes en même temps, et pour comprendre le sens de cette grande suite d’images, j’ai continué de reculer.

    Je n’ai pas oublié les tâches, ni les couleurs, ni les formes, je sais qu’elles sont encore là, sous mes yeux. Sauf qu’aujourd’hui je ne peux plus les voir. J’ai trop reculé. Je n’peux même plus revenir, je le sais.

    Tant pis. Tant mieux.

    J’aime bien ce que je suis. Ca me fait rire. Ce n’saute pas aux yeux bizarrement mais j’ai beaucoup d’humour. Le problème c’est que je suis la seule à rire des choses qui m’font rire semble-t-il. Ca rend la chose plus drôle encore ! Parfois, je m’assois sur la lune et je nous regarde. Bon sang, c’que c’est drôle ! Avec assez de recule, on peut rire aux larmes d’à peu près tout et n’importe quoi. Et quand je nous regarde dans toute notre humaine entièreté, je me suicide de rire.

    « My way of joking is to tell the truth. It's the funniest joke in the world »

    Certains pensent que j’me moque. Que je me pense plus maligne.
    Faux.
    Tout ça, c’est une affaire de circonstances et d’équations.

    J’ai eu toutes les chances de mon côté.
    Premièrement, je suis née riche. Si j’étais née entre deux poubelles des bas quartiers, à coup sûr je n’aurais pas chanté la même chanson. Mais ça n’est pas arrivé. Ce qui est arrivé, c’est que je suis née riche. L’argent. Le fric, la thune, l’oseille. Voilà quelque chose de très abstrait qui vous concrétise un destin tout entier. Et de l’argent j’en ai eu plus que je n’ai pu le dépenser. Pourtant j’ai essayé.

    Et je suis née jolie aussi.
    Exit les complexes à la con, merci Mère Nature.
    Je me sens souvent presque triste pour les gens laids. Presque. Obligés qu’ils sont d’évoluer dans un monde qui les déteste, les méprise d’emblé, comme il doit être difficile de se forger la moindre personnalité ! Mais moi je suis née jolie, ça m’a épargné bien du boulot, psychologiquement, diététiquement et chirurgicalement parlant. Et pas de cancer pour me ravager la santé. Ni d’obscure maladie génétique pour me voler une vie. Genre être un ase. Un esprit sain dans un corps sexy. Que demander de plus ?

    Un petit peu de caractère peut-être ?
    Beaucoup sont mal servit à ce niveau. Et je ne pense pas que l’astrologie ait grand-chose à voir dans cette histoire. Chez certains, la faiblesse est innée. Cette infecte propension naturelle à la peur, à la bêtise, c’est juste dans les gènes. On n’construit rien de solide sur des fondations hasardeuses, logique. Mais moi je suis née solide. Je suis née avec du caractère. Et je suis née Lion ascendant scorpion, il parait que c’est du costaud.
    Puis surtout, j’ai grandis sans mère. Le petit traumatisme parfait pour mettre juste ce qu’il faut de pied au cul pour apprendre à se blinder.

    Enfin bref.
    Jackpot. Le trio gagnant.

    Riche, jolie, solide. Salut !

    Puis, comme sinon c’n’est pas drôle, le détail pour foutre la merde : je suis née intelligente.
    Et là ça coince.
    C’est tout con pourtant, juste une histoire de connexion dans le cerveau. Une simple affaire de synapses et de neurones. Sans eux, j’aurai pu avoir une vie d’con et être heureuse, avec mon joli petit nez collé sur mes tâches de peintures jusqu’à c’que mort s’en suive. J’aurai étudié un truc chiant, me serait dégoté un job de merde, avant d’épouser un connard et de lui pondre un mouflet. Et le pire ? J’en aurais été divinement comblée, sincèrement, profondément. Tout simplement. Sans chercher à reculer pour voir je ne s’sais quel tableau étrange sortit tout droit d’une comparaison figurative pourrie.

    « Beati pauperes spiritu » qu’ils disaient.
    Moi je dis fuck you.

    J’ai jamais eu envie d’aucune de ces choses. C’est nul, c’est plat. J’ai essayé d’me forcer, j’ai fais semblant. Malheureusement le naturel est immortel. Et chaque fois que j’essayais de le tuer c’est moi-même que je saignais comme un porc.
    J’pouvais juste pas me contenter d’un petit air de guitare, c’était trop facile. Je voulais une symphonie. La vie ça n’pouvais pas juste être ça, cette affolante blague à répétition, y’avait forcément plus à voir, à savoir, à comprendre, à toucher, à sentir, à exprimer. Toute cette vastitude, tous ces mystères, toute cette connaissance.

    Sauf que s’engager sur la voie de la connaissance, c’est s’engager sur la voie de la folie.
    Il faut être fou pour choisir de se frotter délibérément à la plus grande bêtise qui existe sur notre planète : la bêtise humaine. N’importe quelle personne un tant soit peu maligne est obligé de voir, de constater, non, de SUBIR cette ignorance massive, culturelle, cette stupidité systématique, encrée au plus profond de notre civilisation toute entière.

    Parce que lorsqu’on se cultive un peu, on se rend rapidement compte que les erreurs évidentes commises aujourd’hui, sont exactement les mêmes que celles commises par nos paires dans le passé. Tout ce qui change, ce sont les acteurs et le décor, mais c’est toujours la même pièce qu’on joue.
    Pour quelqu’un d’un peu sensible, réaliser une telle chose est dangereux. Il faut savoir vivre avec le poids de cette fatalité, et l’amertume qu’elle fait forcément naître chez n’importe quel éveillé. Parce que ça veut aussi dire qu’il est inutile d’espérer un lendemain meilleur. Pas de Paradis, pas de Nirvana, pas de Walhalla au programme. Simplement des chimères après lesquelles on n’aura jamais fini de courir.
    Déprimant ?
    Je dis ‘réaliste’, mais ça dépend.

    Heureusement je suis solide, et j’ai de l’humour. Parce que c’est terrible, mais c’est drôle aussi. Terriblement drôle. Toute cette bêtise, toute cette hystérie, toutes ces énergies qui s’entrechoquent, explosent, implosent en un cycle finalement parfait et perpétuel. C’est nous. C’est l’Homme. La plus grande farce du monde.

    « There is a certain poetic value, and that a genuine one, in this sense of having missed the full meaning of things. There is beauty, not only in wisdom, but in this dazed and dramatic ignorance »

    Au final, l’être humain n’en n’aura jamais fini de s’entredéchirer, il y en aura toujours pour prôner le bien, d’autres le mal. Des braves et des lâches, des beaux et des moches, des malins et des crétins, des riches et des pauvres. Toute cette incroyable dualité, à la fois monstrueusement chaotique et fabuleusement ordonnée.
    C’est le grand match de tennis de la vie ! J’ai simplement décidé de laisser les raquettes aux autres. C’est encombrant, lourd et ça fait transpirer. Pourquoi s’échiner lorsqu’il y a tant à voir depuis les gradins ? Pendant que certains s’acharnent à frapper comme des sourds sur leur balle, se disputent les points de chaque côté du filet, moi j’observe. Et j’adore ça.

    J’ai surtout décidé de n’pas prendre parti. Je me fiche de qui gagne. Lorsque le match sera fini il y en aura un autre, et puis un autre, et un autre et encore un autre… alors quelle différence ça peut faire ? Quelle différence JE peux faire ? Absolument aucune et ce serait vraiment très prétentieux de ma part de croire le contraire. J’ai simplement décidé d’accepter mon statut d’insignifiante petite poussière dans l’Univers. Et toutes les autres insignifiantes petites poussières s’agitent déjà bien assez comme ça. Je ne manque à personne.

    Faire pleinement partie de ce monde, s’engager, se targuer d’une morale, ça prend du temps de toute façon. Du temps que je n’ai pas. Ou plutôt du temps que j’ai décidé de consacrer à d’autres choses.
    Quelles choses ?
    Eh bien tout le reste. Les gens pour ce qu’ils sont ne m’intéressent guère, mais tout ce qui les entoure est diablement passionnant !

    A vrai dire, j’aurai pu devenir absolument tout ce que je voulais. J’en avais les moyens et les capacités. Peut-être un peu trop justement. J’aurai pu devenir historienne, chirurgienne, naturaliste, journaliste, astronome, chimiste, généticienne, vétérinaire, photographe, musicienne, mathématicienne, avocate, architecte. D’ailleurs j’ai presque tout testé. Mon père préférait dire ‘elle se cherche encore’, sans comprendre que j’avais surtout tout trouvé, et ni le temps ni l’envie de n’me consacrer qu’à une seule et unique matière. Pas lorsqu’il y a tant et tant de choses à savoir !

    C’est de la faute de Gresham, mon précepteur. En tant qu’enseignant il se sentait obligé de répondre à toutes mes questions, et comme j’étais sa seule et unique élève, j’avais tout le loisir de les poser. Et j’en avais des tas. Des milliers. Il a répondu du mieux qu’il a pu, sauf que lorsqu’on vie entouré de dizaines d’ase au milieu des champs, à l’écart de la ville et de ses tabous, les questions fusent, dont certaines qui le dépassaient largement. Gresham aussi était un ase. D’ailleurs, les deux seuls vanes de toute l’exploitation c’était nous. Mon père et moi. Et pendant très longtemps, j’ai simplement cru qu’employer des ases coutait moins cher à mon agriculteur industriel de père. C’est vrai après tout, quelle parfaite main d’œuvre ! Ma nourrice était télékinésiste, pratique pour ranger une chambre tout en changeant une couche. Mon précepteur pouvait lire la mémoire des objets et la secrétaire de mon père pouvait téléphoner sans téléphone et surfer sur le web en fermant les yeux. Il en était de même pour chaque ouvrier. Tous ase.

    J’ai aimé grandir là-bas, entre l’océan et la jungle, comme une princesse dans son palais, au milieu des orangers, des vaches et des champs de blés, seule au monde mais tellement bien entourée. Et j’ai aimé en partir aussi. A 13 ans j’ai quitté mon éden pour l’institut la plus prestigieuse de Westri, et je ne suis plus jamais retournée là-bas. Jamais.
    Jusqu’à maintenant du moins.

    Entre temps, mon père s’est transformé en voix maladroite dans mon téléphone portable. Il est venu me voir quelques fois bien sûr, mais les Robinsons on toujours été des gens très occupés. Des gens qui n’ont pas le temps. Il n’en n’avait pas pour moi, j’ai arrêté d’en avoir pour lui, et tout est dit. Du reste, les rares conversations que l’on entretenait se résumaient toutes à la même chose :

    « Papa ? Je veux prendre des cours de violoncelle »
    « Papa ? J’veux changer d’option, l’archéologie c’est pas pour moi finalement »
    « Papa ? J’ai besoin d’argent pour un nouveau microscope électronique »
    « Papa ? J’ai réussi le concours d’entrée mais en fait je crois que je préférai l’astrophysique »
    « Papa ? J’ai commencé le kick-boxing, il me faudrait un sac ! Pour m’entrainer à l’appartement »
    « Papa ? Est-ce que tu sais combien ça coûte au moins une bague macro ? »
    « Papa ? Mon prof de Paléomagnétisme est un enfoiré d’pervers, j’veux changer d’établissement pour hier »
    « Papa ? J’ai été accepté au Snotra pour mon stage ! »
    « Papa ? … je m’ennuie… »

    Au final devinez quoi ?
    J’ai strictement rien foutu…

    J’ai étudié à westri, j’ai étudié à Austri, j’ai même fais un petit tour à Sudri durant quelques mois, et j’ai arpenté toutes les écoles de Nordri sans jamais réussir à trouver mon truc.
    Le truc. Ce truc. The perfect match. Ma discipline. Celle qui aurait du servir de bitte d’amarrage à l’impétueux voilier de mon esprit. Pourquoi me contenter d’une seule alors qu’elles étaient toutes à ma portée ? Quel fabuleux gâchis.

    « We all pay for life with death, so everything in between should be free »

    Surtout le savoir.
    Non ?

    Quelle importance maintenant ?
    Aujourd’hui, si je voulais reprendre des études il faudrait que je change de nom de famille de toute manière. Et puis j’en avais assez de la théorie de toute façon. Je voulais du concret, j’voulais sentir le vrai goût des choses, j’voulais du grandiose et du palpitant pour combler mon ennuis. J’voulais pas oublier la petite princesse des campagnes de Westri que j’ai été, comme tout l’monde oublie le môme qu’il était, et les rêves qu’il avait à l’époque.

    « Careful what you wish for they say »

    Est-ce qu’une princesse est encore une princesse lorsqu’elle n’a plus ni sujet ni palais ? Lorsqu’on lui arrache son royaume du jour au lendemain ? Je ne crois pas.
    Je n’ai plus rien. J’ai perdu tout c’que je n’avais même pas réellement conscience de posséder. Et c’est mon propre père qui m’a tout prit en un sens. Où est-il maintenant ? Où se cache-t-il ? Est-ce qu’il pense à moi ? Ce qui m’arrive ? C’que ça m’fait ? Les conséquences ? Est-ce qu’il s’inquiète ou est-ce qu’il s’en fout, Monsieur le sauveur des faibles et des opprimés ? Est-ce qu’il est là pour me sauver maintenant que c’est mon tour d’être trainé dans la boue ?
    Non. Y’a personne. Comme toujours.

    La question qui me torture c’est toujours la même, toujours ce même mot, encore et encore :
    Pourquoi ?

    Pourquoi a-t-il fait ce qu’il à fait, sans rien me dire ? Pourtant je suis impliquée, depuis toujours, et sans le vouloir, sans l’savoir, mais tout de même. La preuve en est ma situation actuelle. Adieu appartement luxueux en plein centre de Nordri, adieu école réputée, adieu argent, adieu ma quête, adieu ma vie. Mon père est un traitre et du coup moi aussi.

    Un traitre ? Qui a-t-il trahis exactement ? Notre grande et belle nation ? Le Quadra ? Ses lois ? Des lois stupides, arriérées, même moi qui m’en fout, j’en conviens. Mais ce sont nos lois quand même. Quel intérêt de prendre un tel risque ? Pourquoi prendre part au match alors qu’il pouvait faire comme moi, rester sur les gradins, observer, constater, ne faire que passer ? Où était sa motivation exactement ?

    Je l’ignore.
    Au final c’est moi qu’il trahit. Et je ne sais même pas pourquoi.
    Qu’est-ce que les ases ont en plus, que moi je n’ai pas ? Pourquoi tant d’intérêt pour des inconnus et tant d’indifférence pour son propre sang ? Est-ce qu’il m’aurait aimé plus si j’avais eu le virus ? Si j’avais été capable de jeter des éclaires avec mes doigts ou de pleurer du mercure ?!
    J’ai toujours cru que ce qui le retenait autant c’était son job de con. Avec son petit air fade, son manque de conversation, son regard fuyant, ses hobbies pouraves, et ses obligations très importantes et très nébuleuses de monsieur sérieux. Et on m’a toujours fait croire que ses obligations venaient de l’exploitation. De l’import et de l’export, de la vente et de la production, des récoltes et de la traite, de la cueillette et de l’usine. C’était sûrement le cas parfois. Mais pas seulement, et je l’ai découvert dans le journal comme tout l’monde…

    Ce n’était pas parce que la main d’œuvre était moins chère que mon père n’employait que des ases, toujours plus de ases, des ases dans tous les sens, dans chaque recoin de la propriété. Non, c’est un peu plus mignon qu’ça. Un peu plus inutile et débile, un peu plus dangereux et égoïste. C’était pour les sauver vous comprenez ? Bah oui, les pauvres, asservis, lobotomisés, robotisés, mal traités, drogués depuis la naissance, arrachés à leurs parents. C’est tellement plus intéressant qu’une gamine qui collectionne les insectes morts et veut devenir astronaute. Toutes ces pauvres petites poussières d’Univers sous le joug du vilain gouvernement avaient besoin d’un héro dans son genre pour leur rendre leur liberté. Toutes les guerres et les génocides du passés ont leurs héros. Est-ce que ça nous empêche de recommencer, de tourner en rond et de continuer à tuer, à manipuler ? Non. Et quand les héros auront fini d’être héroïque, l’Humain trouvera une autre minorité à tyranniser, et ça sera repartit pour un match !

    Alors quoi ? A quoi ça rime tout ça ? Toutes ces histoires de réseau secret pour la Grande Cause ? A rien. Pas plus que l’Umbilicus et les Wotans. Pas plus que le virus et les guerres qui ont façonné le décor de Westri. C’est juste le jeu. Le Grand Jeu.

    Je voulais éviter d’y jouer. Je voulais rester loin, assise sur mes gradins dans la lune, à regarder mes tableaux, à vous regarder vous, et à m’marrer. Mais mon père à décidé pour moi qu’il en serait autrement. Et je me retrouve comme un cheveu sur la soupe, dépouillée de tout, au milieu du terrain, avec une raquette dans les mains. Qu’est-ce que j’en fais ?

    Qu’est-ce que vous en feriez à ma place ?
    Tous mes plans tombent à l’eau. J’aurais pu devenir qui je voulais, faire c’que je voulais. J’avais tout pour ça. Mais j’n’ai rien fais. Et aujourd’hui c’est terminé. Je dois tout revoir, tout réinventer. ME réinventer.

    Un obscur lascar du passé à dit un jour « Adversity makes men, and prosperity makes monsters »

    Alors je suppose que tout c’qu’il me reste à faire, c’est prendre toute cette immense mascarade comme une leçon de plus. Un enseignement du plus cruel des professeurs qui existe. Parce que après tout, c’est ça la vie non ? Un enchainement d’évènements prévisibles et imprévisibles totalement aléatoires, une combinaison hasardeuse de causes et d’effets indépendants de notre volonté. Tout c’qu’il nous reste à faire, c’est jouer avec les cartes qu’on daigne nous donner. Mon set à changer, je dois faire avec.

    Et peut-être qu’après tout c’n’est pas plus mal… ?
    Peut-être que c’est ce genre de grand bouleversement que j’attendais au fond ? J’ai souvent pensé qu’une nouvelle petite apocalypse serait idéale pour mettre un peu d’ambiance, pour réveiller les consciences. Que survivre devait être plus dure que vivre, mais plus excitant aussi. Plus vrai. La vie parait forcément plus précieuse lorsqu’elle est en danger. Aujourd’hui j’ai droit à ma propre petite apocalypse privée. Comme prévu, ça n’a jamais été aussi dur. Ca n’a jamais été aussi excitant…

    En tout cas je ne m’étais encore jamais sentie aussi sûre de moi. Sûre de c’que je veux faire.
    Et ce que je veux faire, c’est savoir pourquoi

    « You have to suppress your own ambitions in order to be who you need to be. All I can do is be me, whoever that is… »


L I E N S

None yet.


Précisions ou informations complémentaires sur votre personnage :
► Penny joue de plusieurs instruments de musique, et a pratiqué tout un tas de sports
►Elle a fait beaucoup d’études mais n’a jamais validé aucun diplôme supérieur.
►Son père fait partie d’un réseau clandestin pour la libération des ases, découvert le mois dernier par les autorités de Westri, il est actuellement en fuite, ainsi que tous les ases déconditionnés cachés dans son usine et sa propriété. Il faisait partie de ce réseau depuis près de 20 ans.


L ' A F T E R


    Nom de l‘avatar : Willa Holland

    Comment avez-vous connu Walhalla : il parait qu'on peut mettre 9 mois à faire sa fiche ici, alors j'me suis suis dis 'pourquoi pas !' XD

    Présence sur le forum : Tous les jours

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Penelope Robinson
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MessageSujet: Re: Penny Robinson   Sam 7 Juil 2012 - 14:00

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MessageSujet: Re: Penny Robinson   Sam 7 Juil 2012 - 16:54

Bienvenue à toi Penny,

Dire que tu étais attendue est un euphémisme.
Pour le coup, j'adore cette fille, son caractère, son cynisme, j'ai hâte de la voir en jeu. Wink
Rien à redire d'ailleurs, elle est juste parfaite cette fiche.
Bon je te valide mais tu connais déjà le chemin, j'espère bien te croiser...

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MessageSujet: Re: Penny Robinson   Sam 7 Juil 2012 - 17:43

Miaou <3 Fiche superbe !

A vite... d'une manière ou d'une autre !
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MessageSujet: Re: Penny Robinson   Sam 7 Juil 2012 - 23:07

Enorme cette fiche ! T'as assuré ma personne, as usual ! Parfois j'avais quand même l'impression de lire une auto biographie T'as pas cherché l'inspiration plus loin que ton nez, avoue lol
Faudra qu'on se dégotte un lien.
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Penelope Robinson
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MessageSujet: Re: Penny Robinson   Sam 7 Juil 2012 - 23:36

Une autobiographie tu exagère ! Quoi parce que je parle d'astrophysique et d'apocalypse ? J'aime les zombis j'y peux rien. Le coeur à ses raisons x)

Merci loutres ♥


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MessageSujet: Re: Penny Robinson   Dim 8 Juil 2012 - 12:46

Bienvenue ! Très jolie fiche, amuse toi bien ^^
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Illyrian Hécation
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MessageSujet: Re: Penny Robinson   Lun 9 Juil 2012 - 13:02

[En tant que joueuse je peux honnêtement dire que je suis tombée raid dingue in love après le passage de la licorne ... la suite n'a fait que confirmer cet amour Rolling Eyes ]

~ Si vous cherchez du travail à Austri, voici ma carte Cool

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(André Malraux)

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Nero S.H. Uffingham
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MessageSujet: Re: Penny Robinson   Lun 9 Juil 2012 - 15:14

Bienvenue à toi !

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Penelope Robinson
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MessageSujet: Re: Penny Robinson   Lun 9 Juil 2012 - 16:39

Merci beaucoup !! :D

*prend la carte de Illyrian et la range dans son soutif*
Si ça commence comme ça je ne risque pas de rester au chômage longtemps !

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